L'engouement ne faiblit pas, les recommandations se multiplient...
Tous les ingrédients étaient réunis à Paris pour faire de cette édition 2014 de l'EULAR un grand cru de la spécialité, avec un Palais des Congrès arpenté par 14.300 participants issus de 130 pays différents, 4.300 abstracts acceptés, 155 sessions dont les très courues "HOT session" (How to Treat) et "WIN session" (What is New), plus de 120 exposants répartis sur trois niveaux, des abstracts disponibles sur clé USB et sur papier, et une organisation à la hauteur de l'événement.
Des "guidelines" tout azimut
Signe des temps, les recommandations se multiplient. Dans la polyarthrite rhumatoïde, les anciennes recommandations de 2012 sont mises à jour avec une nouvelle terminologie pour s'y retrouver entre les DMARDs synthétiques (méthotrexate, sulfasalazine, léflunomide, hydroxychloroquine...), les DMARDs biologiques (anti-TNF, Il-6 ...), les biosimilaires (bs-infliximab...). Un accent particulier est mis sur la première ligne de traitement (monothérapie ou combinaison de DMARDs), les conditions de changement, de désescalade ou d'arrêt de traitement pour rémission et les risques liés aux corticoïdes de plus en plus utilisés (+34% entre 1990 et 2010) mais associés à un risque de mortalité croissant avec la dose (HR=1,05 pour 1 mg/j, 1,46 pour 5-10 mg/j et 3,59 pour plus de15 mg/j). Dans la spondyloarthrite, les progrès de l'imagerie ont conduit une task force composée de rhumatologues et de radiologues à recommander pour la première fois, une IRM des articulations sacro-iliaques en particulier chez des patients jeunes. Une activité inflammatoire, même de faible niveau, apparaît notamment comme un élément prédictif de progression structurale axiale et de réponse au traitement1. Dans la polymyalgie rhumatismale, les anciennes recommandations de 2009 de la "British Society of Rheumatology" vont être rajeunies grâce à une collaboration transatlantique ACR-EULAR sur base de tous les articles publiés depuis 1970. On y trouve notamment un algorithme de traitement et une série de caveat sur l'emploi des glucocorticoïdes chez des patients vulnérables aux effets secondaires du fait de la présence de multiples co-morbidités (diabète, HTA, glaucome, ostéoporose). L'apport du méthotrexate est aussi discuté chez certains patients avec une maladie très active2. Dans la fibromyalgie, les recommandations de 2005 sont revues à la lumière de plus de 50 essais cliniques et 20 revues Cochrane et méta-analyses3. Dans la douleur, le consortium ACTTION propose en collaboration avec la FDA et l'"American Pain Society", une revue systématique de toutes les pathologies douloureuses et l'emploi des antalgiques4. Dans le lupus, une nouvelle guidance est proposée pour savoir quand et comment arrêter les immunosuppresseurs chez des patients en rémission sans encourir de risques de poussées5.
Une ombre au tableau dans ce programme intensif, une météo splendide faite de ciel bleu et de chaleur, inclinant plus à flâner sur les bords de Seine que sur les articulations douloureuses...