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Sclérose systémique : des chaînes légères d'immunoglobulines associées à l'activité de la maladie

Une étude révèle pour la première fois la présence de chaînes légères d'immunoglobulines dans la sclérose systémique. Ce serait la preuve que l'activation des cellules B joue un rôle dans la pathophysiologie de la maladie. L'étude montre aussi une corrélation significative avec le degré de fibrose et l'activité de la SS qui pourrait faire de ces fragments d'immunoglobulines, un facteur prédictif d'évolution de la sclérose systémique.

25 juin 2014

Des chaînes légères d'immunoglobulines dans le sérum ou les urines (protéinurie de Bence-Jones) sont généralement associées à des gammopathies monoclonales (maladie de Kahler, macroglobulinémie de Waldenström etc.). Leur présence s'explique par une stimulation de la synthèse des immunoglobulines par les lymphocytes B. De récentes études ont montré la présence de ces chaînes légères libres kappa et lambda dans des maladies auto-immunes comme le syndrome de Sjögren, le lupus érythémateux ou l'arthrite rhumatoïde mais jusqu'à présent on ne disposait d'aucune donnée dans la sclérose systémique (SS). Si cette observation se confirme, le taux de ces chaînes légères libres sériques (SFLC ou Serum Free Light Chain) pourrait constituer un marqueur d'activité de la maladie.

Une corrélation avec l'activité de la maladie
Cette étude française1 a inclus 134 patients avec un diagnostic de SS, documenté par la mesure de l'activité et de la sévérité de la SS, la recherche d'une atteinte viscérale (oesophagienne, pulmonaire, rénale ...), et de modifications de paramètres biologiques, notamment ceux caractéristiques d'une activation des cellules B (facteur rhumatoïde, bêta-2 microglobuline, BAFF, gammaglobulines). Les SFLC ont été mesurées par le test Combylite chez les 134 patients et dans un groupe contrôle de 401 donneurs de sang appariés pour l'âge et le sexe. Les résultats montrent que les taux de SFLC sont significativement plus élevés chez les patients avec une SS que dans les contrôles (moyenne: 24,03 mg/L versus 17,5 mg/L, p < 0,05). En analyse univariée, on observe une corrélation significative entre les SFLC et le score modifié de Rodnan, des ulcères digitaux antérieurs, une hypertension artérielle pulmonaire, le DLCO et les scores de Medsger. Les SFLC sont aussi corrélées à la VS, la CRP et à tous les marqueurs d'activation des lymphocytes B. En analyse multivariée, on retrouve une corrélation positive entre les SFLC et la présence d'une pneumopathie interstitielle et sa sévérité évaluée par le score de Medgser et aussi entre les SLFC et tous les marqueurs d'activation des cellules B. C'est la première fois que des SFLC sont identifiées dans la SS, signe indiscutable de l'implication des cellules B dans la pathophysiologie.

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