Tumeurs germinales : prise en charge difficile
Les auteurs de cet article s'attaquent à des tumeurs heureusement rares mais difficiles à traiter : les tératomes malins.
En effet, celles-ci ne surviennent en effet que dans 2,7 à 8,6% des tumeurs germinales, c'est probablement la raison pour laquelle les facteurs pronostiques ainsi que la prise en charge optimale est assez mal définie. L'université d'Indiana possède une base de données exceptionnelle rassemblant tous les cas rencontrés entre 1979 et 2011. Les patients avec une transformation vers une tumeur primitive ectodermique ont été exclus de l'étude en raison d'un traitement particulier dont ils doivent bénéficier.
En tout, 121 patients ont rencontré les critères d'inclusion. Les examens anatomo-pathologiques ont révélé que les cas les plus fréquents relevaient des sarcomes (n=59) puis des carcinomes (n=31) et enfin des tumeurs sarcomatoïdes du sinus endodermique, encore appelées tumeurs vitellines ou yolk sac tumors. Sur l'ensemble, seuls 32 patients présentaient d'emblée un tératome malin. Pour les autres, le délai médian avant la transformation de la tumeur germinale en tératome malin a été de 33 mois. L'intervalle a été plus long pour les carcinomes : 108 mois.
Après un suivi médian de 71 mois, la survie spécifique au cancer a été de 64%. Aucun facteur pronostique n'a été retenu au cours de l'analyse multivariée ni la récidive tardive, ni la réintervention sur les ganglions lymphatiques, pourtant retenus comme facteur péjoratif en première analyse. Le grade tumoral semble néanmoins être un facteur pronostique important pour les sarcomes et les tumeurs vitellines. Le sous-type histopathologique, la catégorie de risque, le nombre de résections ne sont pas prédictifs de la survie spécifique.
Dans tous les cas, les auteurs concluent que ces tératomes malins sont d'évolution plus sévère que les autres tumeurs germinales. Des résections agressives et répétées sont souvent nécessaires afin d'optimaliser la survie spécifique pour ce cancer.