Un enseignement précieux du suivi du DPP
Comme toutes les grandes études, le DPP (Diabetes Prevention Program) a généré un suivi au long cours dont les données commencent à porter leurs fruits. Un exemple parmi d'autres...
Personne ne le conteste, le DPP est l'une des très grandes études d'interventions dans le domaine de la prévention du diabète de type 2. Sur plus de 3500 sujets à risque de développer ce type de diabète, ce travail a montré que le moyen de prévention le plus efficace était les modifications du style de vie, en ce compris la pratique régulière d'activités physiques de loisirs (APL) suffisantes en termes d'intensité et de durée. La recommandation était en l'occurrence de 150 minutes par semaine d'activités physiques d'intensité modérée à vigoureuse
A la fin de l'étude, les investigateurs avaient rapporté un niveau plus élevé d'APL dans le bras modifications du style de vie par rapport au bras metformine et au bras placebo. Cependant l'évaluation reposait sur des réponses à des questionnaires auto-administrés, technique non exempte de subjectivité.
Les résultats présentés à l'ADA 2014 ont été obtenus 9 à 10 ans après la fin de l'intervention et concerne un échantillon de sujets des trois bras initiaux qui ont fait partie du suivi au long cours (DPP Outcome Study). Ces sujets ont été appareillés d'un accéléromètre et sur les 1.793 enrôlés, 1.622 pour lesquels les investigateurs disposent d'au moins quatre jours d'enregistrement valide ont été retenus pour l'analyse.
Les résultats indiquent qu'une dizaine d'années après l'intervention et alors que les sujets des deux autres bras initiaux ont aussi été encouragés aux APL lors de leur entrée dans le suivi, il existe toujours une différence significative d'APL en faveur des sujets du bras initial APL, différence qui cette fois est documentée de façon objective.
Des résultats qui doivent nous réjouir puisqu'ils attestent du fait qu'une fois mises en place, les bonnes habitudes ont tendance à se pérenniser, même si elles diminuent d'intensité au fil du temps.
Le bémol est que les différences d'APL constatées entre les trois groupes de sujets concernent les sujets qui n'ont pas développé de diabète alors qu'elles ont disparu chez ceux qui sont devenus diabétiques. Un peu comme si la rémanence des bonnes habitudes s'expliquait par la continuation de la poursuite d'un objectif (éviter la maladie) et comme si l'annonce du diagnostic sonnait le glas des bonnes intentions.
A méditer.