Plus que jamais, la santé est dans l'assiette
Le régime alimentaire est une composante importante du risque de développement d'un diabète de type 2 et la restriction calorique chez les sujets à haut risque a démontré son efficacité à court terme. A long terme cependant...
A long terme, tous les régimes alimentaires comportant une restriction alimentaire sont confrontés au problème majeur de non-compliance et à l'effet yoyo. Des investigateurs américains ont donc eu l'idée d'évaluer l'efficacité des modifications affectant préférentiellement la qualité du régime alimentaire.
Les données de 3 cohortes totalisant près de 150.000 sujets ont été utilisées (Nurses'Health Study I et II et Health Professionals Follow Study).
L'étude a évalué sur quatre ans l'incidence de diabète de type 2 chez les sujets dont la qualité du régime alimentaire s'était détériorée ou s'était améliorée pendant une période préalable de quatre ans. La qualité du régime alimentaire a été appréciée d'après les modifications du score 2010 de l'Alternate Healthy Eating Index qui s'intéresse à la consommation de 11 composants du régime alimentaire, chacun étant noté de 0 à 10. Plus le score est élevé, moindre est le risque de développement d'un diabète.
Les résultats présentés à San Francisco concernent 9.967 cas incidents de diabète de type 2 documentés dans le cadre d'un suivi correspondant à 2.466.119 sujets/année. Ils montrent une corrélation inverse entre les modifications du score AHEI (reflet de la qualité nutritionnelle) et le risque relatif de survenue d'un diabète de type 2.
Variations du score AHEI et risque de diabète de type 2
Diminution
Stabilité
Augmentation
p(tendance)
≥ 10
1,1-9,9
± 1
1,1-9,9
≥ 10
1,30
(1,19-1,43)
1,05
(0,99-1,13)
1,00
0,92
(0,86-0,98)
0,84
(0,78-0,91)
< 0,0001*
1,18
(1,08-1,30)
1,03
(0,96-1,30)
1,00
0,96
(0,90-1,02)
0,91
(0,84-0,99)
< 0,0001**
* après ajustement pour l'âge, l'ethnie, le score AHEI initial, les antécédents familiaux de diabète, le tabagisme, les activités physiques, les ingestats caloriques, l'HTA, l'hyperlipidémie et le statut ménopausique.
** après ajustement complémentaire pour l'IMC initial et les modifications au cours des quatre ans
Les deux points les plus importants de ce travail sont que la diminution du risque de diabète de type 2 liée à l'amélioration qualitative du régime est indépendante du niveau de qualité initiale du régime et de l'adoption d'autres comportements susceptibles d'influencer ce risque. En termes clairs, le bénéfice est présent même chez les sujets ayant déjà une alimentation relativement saine et que les sujets aient ou non décidé de faire plus d'exercice physique ou de perdre du poids. Addendum à l'usage des sceptiques sur la généralisation des résultats : plus de 95% des sujets étudiés étaient de race blanche d'origine européenne.