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3,75% de rendement en 2013 : Amonis réservé sur la réforme Vandenbroucke

Outre le rendement appréciable offert en cette période de disette de taux d'intérêt (3,75% nets en 2013), la caisse de pension des professionnels de soins Amonis axe, à l'occasion de son rapport annuel 2013, sa communication autour de la réforme Vandenbroucke présentée fin juin et un conseil pressant aux jeunes médecins de préparer très tôt leur vieillesse. A 30 ans, il est presque trop tard.

Nicolas de Pape - 27 juin 2014

Avec 88,6 millions d'euros d'encaissement global, 1.128 membres bénéficiaires et 25.738 membres actifs (dont 70% de médecins), Amonis est un acteur incontournable du 2e pilier des professions médicales et libérales.

C'est à ce titre que l'institution souhaite, en premier lieu, commenter les recommandations sorties du rapport de la Commission de réforme des pensions présidée par l'ancien ministre Franck Vandenbroucke car celles-ci augurent de nouveaux défis pour le deuxième pilier.

C'est pourquoi :

1) Amonis trouve prématuré de conclure qu'en comparaison avec les salariés, les indépendants ont une pension élevée au regard de leurs cotisations moindres. " On peut envisager, à l'inverse, que le rapport entre cotisations sociales des salariés et la pension qu'ils peuvent recevoir est démesuré. " D'autant que le niveau nominal de la pension des indépendants reste significativement bas.

2) Amonis émet de sérieuses réserves face à la proposition de la Commission d'augmenter les cotisations sociales des indépendants car l'augmentation de la parafiscalité peut constituer un frein au développement économique. Face à des carrières disparates au niveau médical, Amonis recommande l'opting-out : sortir la pension légale des indépendants du 1er pilier et laisser à ces derniers la possibilité de se constituer une pension substantielle dans le cadre du 2e pilier afin que tous les indépendants puissent bénéficier " d'une pension équivalente dans un cadre fiscal équivalent ".

Concrètement, il s'agit d'élargir la Pension libre complémentaire des indépendants jusqu'au montant maximal actuellement déterminé par la " règle des 80% ". Celle-ci prescrit que la somme de la pension légale et des pensions constituées dans le 2ème pilier (extrapolée à l'âge de pension) ne peut pas dépasser 80% du dernier salaire. Actuellement, cette limite est réservée aux indépendants exerçant en société et bénéficiant d'une assurance groupe.

3) Parallèlement, Amonis préconise que tous ceux, y compris les salariés, qui n'ont pas accès au second pilier via leur employeur aient accès à ce pilier.

4) Amonis craint que la progressivité de la fiscalité sur les pensions complémentaires ne touche davantage les revenus moyens pour qui le taux de remplacement du 1er pilier des pensions est insuffisant (en effet, les cotisations sont calculées sur un salaire non plafonné alors que les prestations sont plafonnées).

5) Enfin, Amonis relève la contradiction qu'il y a pour la Commission Vandenbroucke de déplorer que trop de fonds de pension investissent en obligations d'Etat alors que les investissements plus risqués sont défavorisés par les nouvelles règles prudentielles à venir (de type Solvency II). Autrement dit, les investissements autres qu'en obligations d'Etat seront fortement pénalisés, ce qui contribue à favoriser le marché des dettes souveraines malgré leur faible rendement. Il faudrait donc, à cet égard, avoir un peu de cohérence.


Dans un contexte de pression sur les taux d'intérêt en raison du durcissement de la politique monétaire des Etats-Unis, Amonis a choisi d'acquérir, début 2014, 300 millions d'euros d'obligations belges à long terme pour couvrir les engagements de taux (si l'on comprend bien Amonis a vu d'un bon oeil la baisse des taux d'intérêt mais craint des remous pour la fin de l'année, soit une rechute boursière et prend ses précautions).

Amonis estime que c'est sa gestion prudentielle et toute en nuance qui lui a permis d'offrir en 2013 un rendement global sur l'épargne de ses 26.000 membres (taux de base de 2,3% plus participation bénéficiaire) de 3,75%. Amonis estime donc bien résister à la concurrence des compagnies d'assurance en soulignant que sa gestion " sur mesure " n'y est pas étrangère.

Parallèlement, la caisse de pensions fait un appel pressant aux jeunes médecins de ne pas attendre 35 ans pour commencer à se constituer un capital pension. En dépit de l'obligation légale de placer le statut social à long terme (qui constitue 59% de l'encours chez Amonis par exemple), trop souvent, les jeunes docteurs négligent cet aspect de leur vie pratique, trop focalisé (et c'est bien naturel) sur le démarrage de leurs carrières de médecin. Tant il est vrai que s'ils commencent leur vie professionnelle comme salariés, ils évoluent souvent assez vite vers un statut d'indépendant.

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