Les antidépresseurs pendant la grossesse prédisposent l'enfant au diabète et à l'obésité
On savait déjà que les antidépresseurs prédisposaient les enfants à des troubles cardiaques, voire à l'autisme. Une nouvelle étude menée sur l'animal par l'université américaine de McMaster vient de montrer qu'une femme qui en consomme pendant sa grossesse expose aussi son bébé à des risques accrus de diabète de type 2 et d'obésité.
En cause, la fluoxétine, une molécule de la famille des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine). On la retrouve dans de nombreux traitements médicamenteux contre la dépression. Bien connue pour réguler le taux de sérotonine, elle a aussi un effet pervers : elle entraîne le stockage des graisses et provoque des inflammations du foie. Or, cette nouvelle étude suggère que la fluoxétine peut passer de la mère à l'enfant.
Selon l'auteur principal, le Pr Alison Holloway, cette conclusion devrait permettre d'alerter les futurs parents, et surtout les aider à mieux identifier les enfants à haut risque d'obésité et de diabète.
Les voies biologiques sous-jacentes à l'effet pervers restent à comprendre pour développer des stratégies thérapeutiques permettant aux femmes qui ont besoin d'antidépresseurs d'être traitées mais sans risque de contaminer leur bébé. Il ne s'agit pas en effet d'ignorer l'effet néfaste de la dépression elle-même sur la santé de la mère et du nourrisson.
(référence : Press Release de l'Université McMaster, 21 juin 2014)