Qu'y a-t-il dans le " spray magique " qu'utilisent les soigneurs à la Coupe du monde?

Un footballeur qui s'écroule sur le terrain en se tordant de douleur. Un soigneur qui monte sur la pelouse, sort de sa trousse une " bombe de froid ", asperge la blessure, réelle ou imaginaire, ou le muscle endolori et, quelques secondes plus tard, le joueur qui se relève et qui gambade à nouveau sur le terrain comme un cabri. Cette scène, c'est un grand classique du milieu footballistique. Elle a déjà été rejouée maintes fois depuis le coup d'envoi de la Coupe du monde 2014.
Mais quel est donc le contenu de ce " spray magique " qui accomplit tant de miracles ? Parfois un baume. Ou un réfrigérant cutané, un produit comme du chlorure d'éthyle qui gèle et engourdit la surface de la peau. Ou simplement de l'eau froide pour rafraîchir un athlète qui a trop chaud.
La plupart du temps, il s'agit de recourir aux pouvoirs réparateur du froid qui a l'avantage d'être bien supporté, facile à appliquer, peu cher, et qui n'a pas les inconvénients des pommades anti-inflammatoires.
Refroidir les tissus aide à réduire et à calmer la douleur (effet antalgique), à atténuer la formation d'hématomes, et d'oedèmes (effet anti-inflammatoire) ou encore à diminuer le saignement des fibres musculaires lésées en provoquant le rétrécissement des capillaires sanguins (effet hémostatique).
Les indications sont nombreuses. Elles concernent les traumatismes musculaires et tendineux (contusions simples, élongations, tendinites, claquages, déchirures, ruptures musculaires, entorses, luxations,...) ainsi que les hématomes, et les gonflements. Mais avant d'appliquer du froid, il convient de bien vérifier qu'il est bien supporté, en le plaçant à distance du traumatisme plutôt que directement dessus.
Les défenseurs du spray affirment aussi qu'il peut avoir des effets psychologiques positifs, et qu'il est le plus efficace pour les blessures qui entraînent d'intense douleurs à court terme, comme un orteil écrasé.
Toutefois, le spray est à manier avec prudence. Il y a aussi des contre-indications. Certains soigneurs ou entraîneurs préfèrent d'ailleurs éviter les " bombes de froid ", estimant qu'elles fournissent au mieux quelques minutes d'anesthésie. Mais leur effet antalgique est tel qu'elles sont capables de masquer totalement la douleur causée par un traumatisme. De ce fait le sportif reprend souvent son activité sans précaution et le risque d'aggravation d'une lésion est grand.
De plus, les sprays cryogènes sont susceptibles de provoquer des brûlures graves par gelure en cas d'application inadaptée. Ainsi, il est toujours bon de rappeler qu'il ne faut surtout pas appliquer de froid sur une peau lésée (plaie, fracture ouverte...), ni dans le cas de contractures ou de crampes.