Après une défaite de leur équipe, les supporters mangent plus et mal

Qui des supporters belges ou américains vont se réfugier dans la nourriture et se ruer sur les chips, pizzas et autres réjouissances nutritionnelles ce mardi soir ? Mieux vaut les Américains car cela signifierait que leur équipe a été battue.
Si l'on en croit une étude publiée l'an dernier, mais dont les résultats méritent d'être rappelés à l'heure du Mondial, au lendemain d'une défaite de leur équipe favorite, les supporters sont tentés par des aliments peu sains.
Yann Cornil et Pierre Chandon, deux chercheurs français se sont intéressés au comportement de téléspectateurs du Super Bowl, compétition reine du football US. Des Américains fans de sport ou non devaient noter tout ce qu'ils mangeaient un dimanche de match, puis le lundi et le mardi.
Résultat : ceux dont l'équipe favorite avait perdu, ingéraient le lendemain 16% de graisses saturées et 10% de calories de plus que d'habitude, quand les gagnants, eux, mangeaient plus léger : 9% de graisses saturées et de 5% de calories en moins. Dans certaines villes abritant des supporters fervents, la consommation de graisses saturées augmentait même de 28% en cas de défaite, et diminuait de 16% en cas de victoire.
L'alimentation, en revanche, retrouvait sa qualité habituelle dès le mardi car le supporter oublie vite. De plus, au terme d'une deuxième expérience du même type au cours de laquelle les deux chercheurs avaient demandé préalablement aux participants de lister les valeurs essentielles à leurs yeux, la tendance observée lors du premier test s'est inversée. Preuve rassurante que même pour un supporter, il existe des choses plus importantes que le foot.
(référence : Psychological Science, octobre 2013, doi : 10.1177/0956797613481232)