Le stress dans la petite enfance laisse des marques cérébrales à vie
Des événements extrêmement stressants vécus en début de vie imprime des séquelles durables dans le cerveau, selon une nouvelle étude américaine. Cela peut altérer les zones cervicales responsables de l'apprentissage, de la mémoire, de la gestion du stress et des émotions, et induire dans la vie adulte des troubles du comportement, des problèmes de santé, et même professionnels et relationnels.
Des chercheurs de l'Université de Wisconsin-Madison ont réalisé des entretiens auprès de 128 enfants âgés en moyenne de 12 ans et qui, petits, ont souffert d'abus sexuel, de violence physique, de négligence, d'abandon ou de grande précarité. Les cerveaux de ces enfants ont été observés, en particulier l'hippocampe et l'amygdale, deux zones impliquées dans l'émotion et la réponse au stress. Les clichés ont été comparés aux images cérébrales d'enfants ayant vécu une enfance tranquille.
Résultats : les enfants victimes de stress précoce présentent une amygdale plus petite que les autres. Ceux à faible statut socio-économique ou victimes de violence physique ont un hippocampe moins développé. Les troubles du comportement et l'augmentation du stress s'avèrent également associés à de plus petits volumes de ces deux zones du cerveau.
Les auteurs de l'étude restent néanmoins prudents. Selon eux, si elles ont valeur de marqueurs d'un changement neurobiologique, leurs observations n'augurent pas de la destinée d'un individu.
(référence: Biological Psychiatry, 22 mai 2014, DOI : 10.1016/j.biopsych.2014.04.020)