Une porte ouverte à la vaccination pré-natale

Le foetus disposerait déjà d'un système immunitaire actif. Du moins c'est ce qu'ont découvert des chercheurs français de l'Institut Pasteur et de l'Inserm. Ils estiment que l'on pourrait de ce fait stimuler les défenses de l'enfant avant la naissance via la recherche et la création de vaccins qui seraient administrés in utero.
Chez l'être humain, les lymphocytes T, cellules du système immunitaire qui gardent la trace des infections anciennes, réagissent rapidement pour défendre l'organisme si la même pathologie réapparaît. Ces cellules spécifiques sont les seules que la mère ne transmet pas à son enfant. Toutefois, le foetus possède son propre stock de lymphocytes T, qui pourraient apprendre à connaître des pathogènes avant la naissance.
" Jusqu'ici, on était persuadé que les lymphocytes T du foetus restaient en veille si aucune pathologie infectieuse ne survenait pendant la grossesse ", expliquent les auteurs de l'étude qui viennent de découvrir que ces lymphocytes T sont en réalité fonctionnels dès les premiers jours de gestation, et qu'ils peuvent produire très rapidement des molécules antimicrobiennes permettant une réponse immunitaire inflammatoire efficace.
Serait-il possible de pouvoir profiter de ces fameux lymphocytes et de vacciner le bébé alors qu'il est encore bien au chaud dans le ventre de sa mère ? Les chercheurs français y songent sérieusement. Une idée qui n'est cependant pas sans soulever de sérieuses questions éthiques.
(référence : Science Translational Medicine, 28 mai 2014, DOI : 10.1126/scitranslmed.3008748)