Réhydratation des footballeurs : le " cooling break ", une nouveauté indispensable
Les médecins du sport le répètent souvent : une forte chaleur et un taux d'humidité élevé ont des conséquences néfastes sur le corps des sportifs et des répercussions sur leurs performances. Ils évaluent qu'en 30 minutes de jeu lors d'un match de coupe du monde, les footballeurs peuvent perdre deux litres d'eau donc deux kilos. Cette perte, les joueurs doivent l'anticiper en arrivant sur la pelouse bien hydratés, et se la réapproprier durant le match, le mieux en buvant de l'eau avec un petit apport salé.
Raison pour laquelle, en octobre dernier, le comité exécutif de la FIFA a instauré le " cooling break ", une double pause rafraîchissante intervenant aux 30ème et 75ème minutes d'un match, si la température annoncée est supérieure ou égale à 32°C, 90 minutes avant le coup d'envoi. La décision est alors prise entre le coordonnateur de la FIFA et le délégué du match. Pour les médecins du sport, ces " cooling breaks " sont effectivement indispensables à la réhydratation.
Chaque pause dure trois minutes et c'est l'occasion pour le staff médical de chaque équipe de mouiller des serviettes et de les poser sur la tête des joueurs, question de leur permettre de retrouver une température normale avant de poursuivre la rencontre. La FIFA, qui sait joindre l'utile à l'agréable, considère par ailleurs que ces pauses de refroidissement supplémentaires peuvent permettre aux chaînes de télévision qui diffusent les matches de passer de la publicité.
Au vu des conditions climatiques qui règnent pour l'instant au Brésil et des contraintes thermiques très importantes qui peuvent faire courir des risques cardiaques mais aussi cérébraux aux joueurs, le nouveau règlement apparaît non seulement comme étant une bonne idée mais aussi comme une nécessité. Là-bas, l'air est très humide. Du coup, la sueur reste, et le corps ne refroidit pas. C'est un danger.
Lors du Mondial, les premiers joueurs à avoir eu droit à leurs pauses ont été les Américains et les Portugais lors de leur confrontation, le 22 juin, à Manaus. Puis, ce fut le tour des Néerlandais et des Mexicains le 29 juin, à l'occasion d'un huitième de finale qui s'est déroulé à l'Estadio Castelao de Fortaleza, où le mercure dépassait les 38°C.
Né rusé, Louis van Gaal, le sélectionneur batave, a toutefois saisi l'opportunité de la deuxième pause fraîcheur pour innover. Tel un coach de basket, il a réorganisé son équipe, précipitant ainsi la défaite du Mexique, qui a craqué deux fois, aux 88e et 92e minutes. Une manière intelligente de profiter du " cooling break "...