Accompagnement médical du mineur transsexuel : prudence
Le Conseil national de l'Ordre des médecins, interrogé concernant la question de l'accompagnement médical du mineur transsexuel, rappelle que ce type de décision, par définition irrévocable, doit être prise en multidisciplinaire et avec l'accord des parents. Le médecin doit s'assurer du caractère intime de la décision du patient de changer de sexe et anticiper sa persistance à l'âge adulte.
Bien que le changement de sexe soit réglé par la loi, celle-ci ne répond à pas à toutes les questions qui se posent. Le conseil national note que " la question de l'accompagnement médical du patient transsexuel se pose bien avant que ces procédures ne soient envisagées et doit être abordée de manière autonome, et non pas comme si sa finalité était de répondre aux critères légaux pour obtenir le changement d'état civil ou de prénom ".
S'il faut garder à l'oeil les notions telles que les risques et les bénéfices de chaque option du traitement, le consentement éclairé du patient, l'accessibilité du traitement, la continuité des soins des soins, ces notions sont encore plus prégnantes dans le cas d'un mineur car il faut vérifier que sa conviction d'appartenir à l'autre sexe persiste à l'âge adulte.
La seule solution est de procéder par étapes progressives, des procédures réversibles (action sur les hormones) jusqu'aux irréversibles, qui permettent au patient de faire son opinion. Il faut s'entourer d'une équipe pluridisciplinaire. " Le médecin traitant, pédiatre ou généraliste, doit être associé au travail de cette équipe pluridisciplinaire. "
Les parents doivent être associés à tout le processus autour du traitement de leur enfant.
Or, note l'Ordre, il existe un certain manque de consensus scientifique en ce qui concerne les stratégies thérapeutiques à privilégier sans oublier l'influence des différences culturelles.