Transdifférenciation vers des cellules productrices d'insuline
Le manque de donneurs pour la greffe d'un pancréas complet ou d'îlots contraint les chercheurs à envisager des alternatives dignes pour les patients atteints de diabète de type 1. La production ex vivo d'une masse de cellules pancréatiques constitue une piste de réflexion.
Cela est envisageable via la reprogrammation de cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) ou de cellules souches pluripotentes humaines induites (CSPHI) vers des cellules analogues au pancréas. Les tests effectués in vitro ou dans des modèles précliniques en la matière ont été freinés par des problèmes éthiques, des stratégies transgéniques et des échecs épigénétiques.
Qu'est-ce que la transdifférenciation ?
Il s'agit de la conversion immédiate d'un certain type de cellule somatique en un autre type sans devoir passer par un statut pluripotent. La transdifférenciation des fibroblastes dans des cellules analogues au pancréas pourrait permettre de contourner les obstacles.
Les auteurs ont à présent développé une technique pour procéder à la transdifférenciation de fibroblastes cutanés de patients atteints de diabète de type 1 sans déméthylation, une étape qualifiée de procédure dangereuse, ou sans modifications génétiques. Rien qu'en modifiant le milieu de culture, ces fibroblastes cutanés ont pu être fixés à l'expression de facteurs de transcription et à des gènes de la ligne de cellules pancréatiques, à savoir l'insuline, le glucagon et la somatostatine.
Prometteur
Les fibroblastes transdifférenciés ont ensuite été greffés dans le pancréas de souris diabétiques. Il ressort des analyses que les cellules peuvent empêcher l'hyperglycémie extrême (> 600 mg/dl), mais qu'elles se trouvaient encore dans un processus de maturation pour produire suffisamment de peptide-C et d'insuline après la streptozotocine.
Cette technique a été qualifiée de sûre (pas de pancréatite aiguë ou d'exacerbation d'inflammation) et il s'avère donc que le pancréas constitue un bon récepteur pour les cellules reprogrammées. Aucune formation tumorale n'a été décelée un mois après la greffe.
Les auteurs voient donc dans leur technique les prémices d'une stratégie à long terme pour remplacer un pancréas abîmé en cas de diabète insulinodépendant.