Les diabétiques doivent-ils également manger plus lentement ?
Les personnes qui affichent un poids normal et mangent lentement sont plus rapidement rassasiées. Le fait de manger lentement a un impact sur les hormones intestinales : une baisse de la ghréline orexigène et une hausse du peptide orexigène (PYY et GLP-1) et ce, directement après le repas. Le fait de manger lentement stimule également la perte de poids. Mais est-ce également le cas pour les diabétiques de type 2 (DT2) ?
Pour étudier cette question, 20 diabétiques (sous traitement par metformine et avec un HbA1C < 7 %) avec surcharge pondérale et obésité (IMC moyen de 30,6 kg/m2) ont été recrutés. Ils ont reçu une ration de test de 300 ml de glace de consommation, administrée une fois pendant 5 min (2 x 150 ml), et une seconde fois pendant 30 min (7 x 43 ml).
Une sensation de faim moindre et de satiété accrue
Les résultats n'ont pas affiché de différence statistiquement significative dans les taux de glucose, d'insuline, de triglycérides, de ghréline, de PYY et de GLP-1 avant le repas et toutes les 30 min qui ont suivi, jusqu'à 180 min. Par contre, une différence significative dans la sensation de faim et de satiété, mesurée à l'aide d'une échelle visuelle analogique (EVA), a bel et bien été observée. La sensation de satiété était significativement plus élevée après la durée de repas de 30 min, à partir des 90 min qui ont suivi et jusqu'à la fin de l'étude. La sensation de faim était significativement plus faible 90, 150 et 180 min après avoir mangé la glace lorsque la durée du repas était de 30 minutes.
Avantages de manger lentement
Les patients qui mangent lentement mangent-ils également moins, autrement dit, ingèrent-ils moins d'énergie ? Les femmes maigres qui mangent plus lentement ont ingéré moins de calories en une ration qui les a rassasiées. Mais cette constatation ne vaut pas pour les personnes obèses et celles en surcharge pondérale qui ont pourtant bel et bien une sensation de faim moindre si elles ont mangé plus lentement.
On est donc parti de l'hypothèse que la réponse physiologique normale des hormones intestinales et le contrôle de l'appétit sont perturbés par la prise de poids et peut-être encore plus par le DT2.
Toutefois, les auteurs recommandent aux diabétiques qui présentent une surcharge pondérale / de l'obésité de manger plus lentement et ainsi d'ingérer le moins de calories possible. De la sorte, il est possible de perdre du poids et d'obtenir un meilleur contrôle de la glycémie. Il est probable que les mécanismes hormonaux et neuronaux jouent un rôle différent de ceux qui ont été mesurés dans cette étude.