L'impact du vieillissement se fera sentir plus tôt que prévu

L'impact du vieillissement de la population sur les dépenses en soins de santé en Belgique sera un peu plus élevé que prévu jusqu'ici, mais il se fera surtout sentir plus tôt qu'annoncé, selon le nouveau rapport annuel du comité d'étude sur le vieillissement (CEV) rendu public ce jeudi.
L'an dernier, ce groupe d'experts estimait que le vieillissement de la population entraînerait une hausse continue des dépenses de soins de santé pour atteindre leur maximum autour de 2060, où celles-ci auraient alors pesé près de 32% du PIB.
Selon leur rapport publié cette année sur base d'une nouvelle méthodologie affinée et des dernières perspectives démographiques pour le pays, ce niveau de dépenses sera en réalité atteint... vingt ans plus tôt, soit autour de 2040, année où les dépenses de soins de santé pèseront 32,2% du PIB avant de décroître légèrement par après pour atteindre 30,6% du PIB à l'horizon 2060.
"L'impact du vieillissement sera donc avancé, ce qui rend la prise de mesures encore plus urgente", a commenté jeudi Françoise Masai, présidente du CEV, lors de la présentation du 13e rapport annuel du comité.
Selon ce groupe d'experts, le coût budgétaire du vieillissement s'élèvera à 4,2% du PIB entre 2013 et 2060, pour autant que la croissance annuelle moyenne soit de 1,4% sur la période 2013-2060.
"Dans le contexte actuel, le scénario d'une plus faible croissance de la productivité est plus probable", note toutefois le groupe. "Le coût budgétaire y serait alourdi de 1,5% du PIB", le portant ainsi à 5,7%.
Le CEV a également pris en compte les effets de la sixième réforme de l'État, qui voit certains pans de la Sécurité sociale (les allocations familiales, certaine dépenses de soins de longue durée, certaines allocations pour personnes handicapées, ...) passer vers les entités fédérées.
En 2013, les dépenses sociales se répartissaient entre 93% pour l'entité I (État fédéral et Sécu) contre 7% pour l'entité II (Communautés, Régions et pouvoirs locaux). Avec la 6e réforme de l'État, la part de l'entité II augmente. Elle comptera ainsi pour 16% de l'ensemble des dépenses sociales en 2015.
A l'horizon 2060, le coût du vieillissement restera toutefois -- sauf nouvelle réforme de l'État -- très majoritairement à charge du Fédéral (3,6% du PIB), contre 0,5% du PIB pour l'entité II.
Le rapport 2014 du CEV se penche enfin sur l'évolution du risque de pauvreté pour les aînés, à savoir disposer d'un revenu de 1.003 euros par mois (chiffre 2011) pour une personne isolée.
Celui-ci montre une diminution entre 2005 et 2011 du risque de pauvreté pour la population belge de 65 ans et plus.
"L'écart entre le risque de pauvreté des 65 ans et plus (17,8%, ndlr) et des moins de 65 ans (14,4%), ainsi qu'entre les pensionnés et les travailleurs, est le plus faible" depuis 2003. "Cette évolution favorable résulte des revalorisations des minima et des augmentations sensibles de la garantie de revenus aux personnes âgées (GRAPA) et du droit minimum par année de carrière", fait valoir le CEV.
Mais même en baisse, le risque de pauvreté des aînés reste plus élevé en Belgique que dans la plupart des autres pays européens.