L'union fait la force
Ce fameux adage vient de trouver une nouvelle application dans le domaine de la pneumologie avec un travail écossais investiguant l'impact des traitements de la BPCO sur la mortalité.
Le travail en question est un reflet rétrospectif de la vie réelle puisque les investigateurs se sont basés sur les données recueillies dans la région administrative de Tayside auprès de sujets chez lesquels un diagnostic de BPCO avait été porté entre 2001 et 2010.
L'objectif était d'évaluer l'impact des traitements bronchodilatateurs associés à une corticothérapie inhalée sur la mortalité globale et cardiovasculaire.
Au total 4.133 sujets ont été répertoriés (âge moyen 68,9 ans et VEMS moyen 59,5%). Parmi ces sujets 623 ne recevaient que des bronchodilatateurs à longue durée d'action (ß2-agoniste ou anti-muscarinique seuls ou en association) alors que ces molécules étaient associées à une corticothérapie inhalée chez 3.510 sujets.
Dans le cadre d'un suivi moyen de 4,6 ans, 1327 décès ont été documentés.
Les résultats montrent que par rapport aux sujets ne recevant que des bronchodilatateurs à longue durée d'action, les sujets recevant une combinaison anti-muscarinique plus corticothérapie inhalée ont une moindre mortalité globale (risque relatif ajusté 0,62, IC95% 0,45 - 0,85). Cette réduction de mortalité n'est en revanche pas retrouvée chez les sujets recevant ß2-agoniste plus corticothérapie inhalée (risque relatif ajusté 1,02, IC95% 0,80 - 1,31).
En association à la corticothérapie, ni les ß2-agonistes ni les anti-muscariniques ne réduisent la mortalité cardiovasculaire.
Les meilleurs résultats sont observés chez les sujets recevant une triple thérapie (ß2-agoniste + anti-muscarinique + corticothérapie inhalée) qui bénéficient d'une réduction significative de la mortalité globale et de la mortalité cardiovasculaire, les risques relatifs ajustés respectifs étant de 0,51 (IC95% 0,41 - 0,64) et 0,56 (IC95% 0,35 - 0,90).