Le stress post-traumatique est plus fort chez les jeunes victimes de violence pendant leur enfance
Un attentat ne traumatise pas seulement les victimes. Les enfants et les adolescents qui n'étaient pas physiquement présents ou impliqués émotionnellement peuvent aussi manifester des symptômes de stress post-traumatique s'ils ont été exposés au cours de leur vie à trop d'images violentes et encore plus s'ils ont été victimes de violence personnelle dans leur enfance.
Tel est le constat que viennent d'établir des chercheurs norvégiens après avoir étudié les données médicales et comportementales ainsi que la santé mentale de 10.220 lycéens du pays. Aucun n'avait été affecté physiquement ou psychiquement par la " terreur d'Oslo ", l'explosion dans le quartier gouvernemental de la capitale et la fusillade de l'île d'Utoya, qui avait fait 77 morts le 22 juillet 2011.
Pourtant, les scientifiques ont remarqué que certains d'entre eux étaient habités par des pensées, des images, ou des sons effrayants liés aux drames. D'autres ont refusé de penser ou de parler de ces événements traumatisants ou avaient une frayeur immédiate et extrême à l'évocation de ces actes terroristes. Et les jeunes ayant subi des violences, y compris sexuelles, ou qui en avaient été témoins pendant leur petite enfance étaient deux fois plus à risque de présenter un stress post-traumatique après les attaques d'Oslo.
Ces résultats sont importants parce qu'ils montrent que la prévention des violences et des abus dans l'enfance permet aussi de prévenir des réactions négatives à des incidents majeurs qui surviendront ensuite.
(référence : European Journal of Psychotraumatology, 2014, DOI : 10.3402/ejpt.v5.23159)