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" Il faut un examen d'entrée ", par Elie Cogan

Le Pr Elie Cogan, ancien doyen de la Faculté de médecine de l'ULB, commente sur notre site le faible taux de réussite à l'examen de médecine indicatif obligatoire mais non contraignant (13%). Il y a nécessité, dit-il, d'organiser un examen d'entrée comme en Flandre.

16 juillet 2014

Le faible taux de réussite à ce "test indicatif" est à mettre en relation avec le taux d'échec important à l'issue de la première année de médecine et constitue un élément complémentaire à la nécessité d'organiser un examen d'entrée à l'instar de ce qui est organisé depuis plus de 10 ans dans le nord du pays.


Le test indique que la majorité des étudiants entrant en première médecine n'ont pas les prérequis suffisants pour entreprendre de telles études.

L'organisation d'une épreuve sélective en communauté flamande, depuis plus de 10 ans, a eu pour conséquence:

1. Une réussite de plus de 90% à l'issue du BA1 médecine et quasi pas de doublement d'années durant toutes les études de médecine.
2. Une amélioration significative de la qualité du secondaire dans le nord du pays.
3. Une sélection à l'entrée "intelligente" sur base d'un examen testant non seulement les connaissances de base requises mais les aptitudes souhaitées pour un futur médecin.
4. Une adéquation meilleure par rapport aux quotas imposés à l'issue des sept ans d'études.

Plutôt que de suivre l'exemple remarquable du nord du pays, le pouvoir politique francophone, plus guidé par des impératifs démagogiques et électoralistes, a suivi les mouvements étudiants en concoctant un système imparfait, difficile à mettre en place, coûteux en énergie au niveau des facultés de médecine, contreproductif et anti social car conduisant à l'impasse un nombre trop important d'étudiants.

C'est ainsi que les propositions sensées des doyens et des recteurs des universités francophones-propositions d'experts- ont été balayées par le ministre de tutelle ayant l'enseignement supérieur dans ses compétences au profit d'un système vide de sens.

Par ailleurs, la responsabilité des ministres de l'enseignement supérieur est totalement engagée dès lors que la position dogmatique d'opposition à l'idée d'un examen d'entrée aux études et de tout filtre (supprimé à plusieurs reprises par les ministres de l'enseignement successifs) va conduire à l'impasse au bout des sept années d'études: des centaines de nos futurs jeunes diplômés seront dans l'impossibilité de pratiquer car le nombre d'attestations permettant la poursuite des études au-delà des sept (ou six ans à partir de 2018) dépasseront les quotas fixés par la loi.

Dans le cadre de la formation du futur gouvernement fédéral, il s'agira pour nos hommes et femmes politiques francophones de prendre leurs responsabilités au risque de mettre en péril la sécurité sociale et donc l'unité du pays.

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