La mélatonine: un traitement futuriste de l'ostéoporose ?

En contrant l'activité des ostéoclastes, la mélatonine pourrait devenir le traitement universel de l'ostéoporose. Les données chez l'animal sont parcellaires et préliminaires mais il est permis de rêver...
Dans les années 80, des centaines d'études se sont focalisées sur la mélatonine. Cette hormone sécrétée par la glande pinéale est d'abord apparue comme un élément fondamental de régulation des rythmes chronobiologiques puis comme une molécule anti-oxydante pouvant jouer un rôle dans la dépression, le cancer, le diabète et même la régulation de la masse osseuse. Chez des femmes en périménopause âgées de 45 à 54 ans, la mélatonine 3 mg per os régule le remodelage osseux sur base du rapport ostéocalcine / NTX et réduit les symptômes. Chez la personne âgée, peu d'études sont disponibles alors que cette population est la plus touchée par l'ostéoporose.
Tous les paramètres osseux s'améliorent
L'objectif de cette nouvelle étude1 est d'évaluer dans un modèle animal, le bénéfice d'une supplémentation en mélatonine sur la masse osseuse et les propriétés biomécaniques des os. Un groupe de rongeurs a été traité pendant 10 semaines (l'équivalent de 6 années chez l'homme) par la mélatonine dissoute dans l'eau de boisson, l'autre groupe a reçu un placebo. La taille des os, leurs densités et les propriétés mécaniques ont été mesurées par des techniques de tomographie, d'histomorphométrie et par le 3-Point bending Test, des essais de flexion en trois points pour vérifier la rigidité et la raideur des os. Les résultats montrent que les rongeurs traités par la mélatonine ont un volume osseux plus élevé, un nombre de trabécules plus important, une épaisseur trabéculaire et corticale plus importante en comparaison avec le groupe contrôle. Les analyses histomorphométriques confirment l'accroissement du volume osseux dans la population traitée, des propriétés fonctionnelles plus importantes et une résistance accrue à la charge.
Les ostéoclastes inhibés ?
C'est la première fois qu'un tel bénéfice est démontré avec la mélatonine chez des rongeurs âgés présentant des pertes osseuses liées à l'âge, avec à la clé un accroissement des propriétés biomécaniques et de la microstructure des os. Pour les auteurs, on peut imaginer que la mélatonine inhibe l'activité des ostéoclastes et donc le processus de résorption osseuse par des mécanismes encore inconnus. Ces données sont aujourd'hui tout à fait préliminaires. Aucune extrapolation à l'homme ne peut être encore faite, mais il est évident qu'il s'agit d'une piste prometteuse. Si ces résultats venaient à se confirmer, nous disposerions alors d'un traitement efficace, facile et peu coûteux de l'ostéoporose de la personne âgée.