Arthrose de la hanche : pas de bénéfice pour la physiothérapie
La physiothérapie ne diminue pas les douleurs et n'améliore pas la mobilité des patients avec une arthrose de la hanche. Ces données sont à mettre en perspective avec celles exposées au dernier EULAR présentant cette approche comme la reine des traitements des maladies osseuses, rhumatismales et articulaires.
Dans des maladies rhumatismales ou osseuses, la physiothérapie a clairement sa place, affirmait le Pr Lange, "elle devrait même avoir la priorité sur un traitement pharmacologique, à condition de respecter certaines indications et contre-indications et d'effectuer un monitoring attentif". Et de prouver ses dires par le résumé de quelques études probantes dans l'ostéoporose, le syndrome de Raynaud ou la spondylite ankylosante. Sur cette base, il était intéressant d'évaluer le bénéfice dans l'arthrose de la hanche et ses conséquences en terme de douleurs et de pertes de mobilité.
Un essai clinique randomisé
L'étude1 en double aveugle, randomisée versus placebo, a inclus 102 patients avec un diagnostic confirmé d'arthrose de la hanche, qui présentent un niveau de douleur de 40 mm ou plus (domaine de 0 à 100 mm) sur l'échelle VAS (Visual Analogic Scale). Deux groupes ont été formés, le premier (n=49) traité par 10 séances de physiothérapie sur 12 semaines consistant en des exercices à domicile, de l'aide à la marche et des mobilisations, le second traité par un gel inerte et des ultrasons inactifs. A la semaine 13, les scores moyens VAS sont respectivement de 40,1 mm et 35,2 mm pour les groupes actifs et contrôles versus 58,8 et 58,0 mm à l'inclusion, une différence jugée non significative. La conclusion est la même pour les scores d'activité physique selon le "Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index" (WOMAC) avec respectivement 27,5 unités et 26,4 pour les groupes actifs et contrôles versus 32,3 et 32,4 unités à l'inclusion. Les écarts entre les deux groupes ne sont pas non plus significatifs à la semaine 36 pas plus que les critères secondaires (performance physique, statut psychosocial, qualité de vie) exception faite du "step test" qui s'améliore à 13 semaines dans le groupe actif. Par ailleurs 41% des patients du groupe actif rapportent des effets secondaires modérés contre 14% dans le groupe contrôle (p = 0,003).
Pas de bénéfice de la physiothérapie
Pour les auteurs, cette étude ne plaide pas pour la physiothérapie chez des patients souffrant d'une arthrose de la hanche vu l'absence d'effet sur la douleur et la mobilité.