PremiumRhumatologie

Lésions aux ischio-jambiers : les injections de PRP n'apportent pas de bénéfice

Les injections de concentrés plaquettaires (PRP ou platelet-rich plasma) dans les lésions des ischio-jambiers n'améliorent pas la récupération, pas plus qu'elles ne réduisent le taux de nouvelles lésions. C'est un coup de frein pour une technique qui est largement répandue en traumatologie du sport depuis une dizaine d'années, comme alternative à la chirurgie ou comme adjuvant chirurgical.

17 juillet 2014

Le PRP est utilisé depuis longtemps en chirurgie maxillo-faciale en postopératoire, notamment pour la consolidation mandibulaire, ainsi qu'en orthopédie en réparation de la coiffe des rotateurs, ou encore pour le traitement des tendinoses chroniques comme les épicondylites latérale et médiale, le Jumper's knee ou la fasciite plantaire. Dans les lésions des ischio-jambiers, fréquentes chez le sportif, en particulier dans le football et le rugby (12 à 23% des traumatismes), on manquait jusqu'à présent de données sérieuses pour conclure formellement au bénéfice de cette intervention. Une nouvelle étude a été présentée à la dernière réunion de l'"European Society of Sports Traumatology, Knee Surgery and Arthroscopy" à Amsterdam, et ses résultats jugés suffisamment importants pour être récompensée par un Award.

Pas de bénéfice significatif
L'étude1 multicentrique, en double aveugle, a inclus 80 athlètes présentant des lésions aux ischio-jambiers confirmées par IRM, randomisés pour recevoir des injections de concentrés plaquettaires ou de solution saline. Deux injections ont été pratiquées, l'une 5 jours après le traumatisme et l'autre 5 à 7 jours après la première injection. L'efficacité a été mesurée par le délai de retour aux activités sportives sur une période de suivi de 6 mois. Le critère secondaire est le taux de nouvelles lésions dans les deux mois qui suivent le retour aux activités sportives. Les résultats montrent que dans les deux groupes, le délai médian de retour aux activités sportives est de 42 jours avec un taux de 16% de nouvelles lésions dans le groupe sous traitement versus 14% dans le groupe placebo (non significatif).

Mais des artefact sont possibles....
Pour le Dr Gustaf Reurink (Rotterdam), cette étude démontre que le PRP tel qu'il a été utilisé, n'apporte pas de bénéfice dans cette indication. Mais avant d'écarter définitivement cette option, il faut peut-être revoir la méthodologie. Une des questions posées est de savoir comment standardiser les concentrés plaquettaires variables dans leur composition, en termes de concentration en facteurs de croissance, en fibrinogène, en plaquettes, leucocytes ou granulocytes. L'autre question concerne le protocole thérapeutique variable d'une étude à l'autre et qui devrait aussi être standardisé quant à l'utilisation ou non d'un anesthésique local, au nombre d'injections (1 à 3), au délai entre chaque injection et au délai par rapport aux lésions initiales.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Infection par le VIH : Un facteur de risque indépendant d’ostéoporos

L’infection par le VIH est identifiée comme un facteur de risque indépendant d’ostéoporose, avec une diminution significative de la densité minérale osseuse chez les personnes séropositives.

Ostéopathies liées au méthotrexate : une complication rare, grave et mal identifiée

Parmi les milliers de patients atteints de maladies rhumatismales, certains présenteront un jour une ostéopathie induite par le méthotrexate. C’est une complication rare mais grave à laquelle on ne pense pas toujours. Quels sont les signes d’alerte ?

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Un plan national de prise en charge de la douleur est nécessaire, plaident les algologues

L'Association flamande d'anesthésiologie pour la prise en charge de la douleur et l'Association professionnelle belge des médecins spécialistes en anesthésie et réanimation (Apsar) plaident pour un plan national de prise en charge de la douleur.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine