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Arthroplastie totale du genou : près de 1 patient sur 2 saigne sous warfarine !

Cette nouvelle étude recense 42% de complications chez des patients qui reçoivent une prothèse totale du genou cimentée et sont sous traitement prolongé par la warfarine. Le traitement était pourtant ajusté selon les recommandations de l'"American College of Chest Physicians" relatives à l'anti-coagulation.

17 juillet 2014

La question de l'anti-coagulation est primordiale dans les arthroplasties de hanche ou de genou. Il se pose toujours la question de savoir comment gérer l'anti-coagulant, anti-vitamine K ou héparine de bas poids moléculaire, à quelles doses et selon quel schéma d'administration. Cette étude1 rétrospective présentée à l'AAOS a examiné le taux de morbidité et de complications chez 38 patients opérés et qui sont sous warfarine depuis une longue période. Pour tous ces patients, le traitement anti-thrombotique a été ajusté selon les recommandations de l'"American College of Chest Physicians" (ACCP) et les résultats interprétés en appariant chaque patient à un groupe contrôle de 76 patients sous thromboprophylaxie par HBPM. Les patients recrutés entre 2004 et 2011, sont âgés ce qui peut être pour le Dr Hamadouche, un risque supplémentaire de co-morbidités. Les auteurs ont aussi mesuré une série de paramètres dont l'usage du tourniquet, la longueur de l'hospitalisation, les besoins transfusionnels, les pertes de sang, les motifs d'une ré-intervention, le délai de cicatrisation et l'INR en suivi du traitement par la warfarine. Les patients ont une interruption de leur anti-vitamine K, 5 jours avant l'intervention, puis sont passés sous enoxaparine 1 mg/kg 2x/j avec une dernière dose donnée 24 heures avant l'intervention. La warfarine est reprise entre 48 et 78 heures après l'intervention et l'enoxaparine arrêtée lorsque l'INR est > 2.

42% de complications sous warfarine
Dans le groupe warfarine, on observe 42% de complications versus 7% dans le groupe contrôle. On note aussi 2x plus de pertes sanguines dans le groupe sous warfarine avec pour conséquence 66% de patients transfusés (0% dans le groupe contrôle) et une durée d'hospitalisation allongée de 2 jours. Sous warfarine, 21% des patients nécessitent des ré-interventions notamment pour l'évacuation des hématomes contre 5% dans le groupe contrôle. L'auteur explique ce taux élevé de saignements sous warfarine par le petit nombre de patients, une application inconstante des guidelines ACCP et la difficulté de stabiliser l'INR en pré- et en post-opératoire.

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