Alzheimer : des variants génétiques retardent le déclenchement de la maladie
Des chercheurs montréalais ont découvert que des variants génétiques spécifiques dans un gène appelé HMG CoA réductase pouvaient retarder le déclenchement de la maladie d'Alzheimer. Bien connu des scientifiques qui oeuvrent dans le domaine cardiovasculaire, ce gène règle normalement la production et la mobilisation du cholestérol dans le cerveau.
Après avoir analysé 800 cerveaux de Québécois, l'équipe du Dr Poirier a constaté que les risques de développer la maladie diminuent de 50% chez les femmes et de 30% chez les hommes, du moins quand les sujets sont porteurs des variants. De plus ces variants sont aussi capables de reporter de quatre à cinq ans le développement de la pathologie.
Cette découverte représente un pas important dans la compréhension de la neurobiologie de la maladie d'Alzheimer et dans l'utilisation de la génétique pour découvrir une nouvelle cible moléculaire qui réponde aux traitements. Elle ouvre aussi de nouvelles pistes de thérapie génique.
Etant donné qu'il s'agit d'une maladie qui touche les personnes âgées, le Dr Poirier estime qu'il serait possible de réduire de moitié le nombre de cas en une génération si on parvenait à élaborer un médicament permettant de repousser de cinq ans l'apparition de l'Alzheimer.
(référence : Molecular Psychiatry, 15 juillet 2014, doi:10.1038/mp.2014.81)