Schizophrénie : la génétique serait une cause majeure
Fruit d'un travail titanesque de plusieurs années, réalisée par un consortium international de plus de 300 chercheurs issus de 35 pays, l'étude la plus importante menée jusqu'ici dans le domaine psychiatrique permet de mieux comprendre les ressorts biologiques de la schizophrénie.
A partir de l'analyse d'association pangénomique de 36.989 échantillons génétiques de patients atteints et de 113.075 volontaires sains, les scientifiques ont identifié 108 emplacements spécifiques dans le génome humain associés au risque de schizophrénie dont 83 nouveaux loci.
La plupart de ces variations concernent des gènes retrouvés dans les tissus du cerveau, surtout ceux liés à la transmission de l'information entre les neurones et impliqués dans des fonctions essentielles à la mémoire et l'apprentissage. Des gènes actifs dans le système immunitaire ont également été recensés et associés au risque de schizophrénie, ce qui suggérerait qu'il puisse s'agir d'une maladie auto-immune, du moins en partie. Enfin, le gène DRD2, qui produit le récepteur de la dopamine, cible des médicaments pour la schizophrénie, est également pointé.
Cette découverte apporte de nouvelles pistes pour la compréhension des causes de cette maladie complexe. Elle constitue aussi un pas qui pourrait s'avérer décisif pour sa détection et pour le développement de nouveaux traitements personnalisés.
(référence : Nature, 22 juillet 2014, doi:10.1038/nature13595)