Lombalgie : une étude jette le doute sur le paracétamol
Une grande étude randomisée de l'Université de Sydney vient de remettre en cause la prescription de paracétamol comme traitement de première ligne pour soulager le lumbago.
Ce travail a porté sur 1.652 personnes, âgées en moyenne de 45 ans et qui se plaignaient de douleurs aiguës au bas du dos depuis plusieurs jours. Les participants ont été répartis par tirage au sort en trois groupes et suivis durant trois mois. Un premier groupe a reçu des doses régulières de paracétamol à raison de trois prises par jour (maximum de 3.990 mg) pendant un mois, un deuxième a pris le médicament quand c'était nécessaire, avec un maximum quotidien de 4.000 mg, et un troisième a eu des comprimés de placebo.
Au final, aucune différence significative n'a été constatée entre les groupes. Le temps médian de récupération a été de 17 jours pour les deux premiers et de 16 jours pour le groupe placebo. De plus, le médicament actif n'a pas aidé à soulager la douleur et il n'a pas non plus amélioré la qualité de vie, du sommeil, ou encore le fonctionnement quotidien. Par ailleurs, les effets indésirables n'étaient pas plus nombreux chez les patients prenant du paracétamol, ce qui conforte tout de même son intérêt en tant que molécule globalement bien tolérée.
Les auteurs australiens invitent à reconsidérer les recommandations actuelles tout en admettant qu'elles ne doivent pas être changées sur la base d'un seul essai.
(référence : The Lancet, 24 juillet 2014, doi:10.1016/S0140-6736(14)60805-9)