Coeur artificiel de Carmat : l'essai de faisabilité peut reprendre
Trois organismes français, le comité de protection des personnes, le comité de sécurité ainsi que les autorités réglementaires, ont autorisé la société Carmat à redémarrer l'essai clinique de faisabilité de son coeur artificiel bioprothétique sur de nouveaux patients.
Le sort de ce coeur artificiel était en suspens depuis le décès le 2 mars 2014 du premier patient, Claude Dany, âgé de 76 ans. Ce dernier souffrait d'une insuffisance cardiaque terminale. Ne pouvant pas bénéficier d'une greffe cardiaque traditionnelle, il avait alors reçu le dispositif innovant à l'hôpital européen Georges Pompidou de Paris, le 18 décembre 2013.
La mort de Claude Dany a soulevé de nombreuses interrogations. A cette occasion, la société Carmat s'est autorisé une pause pour permettre l'analyse des données issues de la première implantation, tout en précisant qu'elle considérait que cette implantation avait été " probante " car le patient avait survécu 74 jours, bien au-delà des 30 jours nécessaires. D'où d'ailleurs le maintien de son programme d'essais comprenant quatre patients " au pronostic vital engagé à brève échéance. "
Si les causes du décès du premier patient n'ont pas été officiellement établies ou du moins rendues publiques, le Pr Alain Carpentier, père de la prothèse, a toutefois évoqué du bout des lèvres l'hypothèse d'un court-circuit. Une explication rapidement démentie.
Quatre mois et demi plus tard, Carmat a donc annoncé la reprise du protocole et la mise en place de mesures complémentaires pour poursuivre l'essai dans les meilleures conditions de sécurité. Pour valider cet essai, la firme va recruter trois patients supplémentaires, tous atteints d'insuffisance cardiaque et dont les jours sont menacés à court terme si rien n'est tenté pour les sauver. Les résultats permettront ensuite de déterminer combien de patients seront inclus dans l'essai définitif.
Le Pr Alain Carpentier rappelle que, contrairement aux dispositifs concurrents déjà développés, le coeur de Carmat est complet. Comportant les deux ventricules, ses parois sont recouvertes non pas de silicone ou de caoutchouc mais de tissus biocompatibles avec le sang, l'objectif étant de limiter le risque de formation de caillots sanguins. Il ne nécessite aucune pièce mécanique ni pompe à l'extérieur du corps pour fonctionner, et il ne sert pas à attendre de trouver un donneur en vue de recevoir une greffe mais il est destiné à être gardé de manière définitive.