TOC : dans les mains des neurochirurgiens...
Certains troubles obsessionnels compulsifs sont résistants aux traitements classiques et la neurochirurgie a été utilisée depuis plus d'un demi-siècle.
Cependant, apparemment aucune étude clinique randomisée n'avait été réalisée pour de telles procédures. Une équipe réunissant des spécialistes brésiliens et étasuniens ont tenté de déterminer l'efficacité et la sécurité d'emploi de la radiochirurgie dans ce contexte.
L'étude a réuni forcément un nombre restreint de patients : 16 au total. Elle a été menée de manière randomisée en double aveugle : la moitié a subi une intervention réelle et l'autre moitié une intervention simulée. Les patients ont été maintenus dans l'ignorance pendant 12 mois. Après cette période, on a proposé aux patients ayant subi le simulacre d'intervention qui le désiraient de bénéficier d'une capsulotomie ventrale réelle.
Sur les 8 patients opérés, 3 ont répondu dans les 12 mois alors qu'aucun de l'autre groupe n'a connu d'amélioration. Après 1 an, la réduction des symptômes liés au TOC était significativement plus importante que dans l'autre groupe.
Après 54 mois, 2 patients de plus ont connu une réponse au traitement. Des 4 patients du groupe contrôle qui ont accepté l'intervention par la suite, 2 ont répondu favorablement dans les 12 mois. L'effet secondaire le plus sérieux a été un kyste radio-induit chez un patient.
Pour les auteurs, la radiochirurgie est efficace sur des patients bien sélectionnés et apparait donc comme une alternative acceptable à la stimulation profonde. Vu les risques, ils conseillent néanmoins de réserver ce type d'opération aux centres spécialisés.
Antonio C. Lopes et al. Gamma Ventral Capsulotomy for Obsessive-Compulsive Disorder : A Randomized Clinical Trial JAMA Psychiatry. Published online July 23, 2014