Traumatismes cérébraux légers : quelles conséquences à long terme ?
Les personnes ayant subi un traumatisme crânien léger (MBTI) présentent souvent des plaintes à long terme. Le terme de syndrome post-commotion (PCS) a été inclus dans le DSM-IV, pour rassembler ces plaintes.
Toutefois, les symptômes restent très subjectifs et se rencontrent dans d'autres pathologies. Une équipe française a tenté de lever la controverse afin de faciliter la pose du diagnostic, car la question est de savoir qui du PCS ou du syndrome post-traumatique (PTSD) décrit le mieux ce que ressentent les patients.
L'équipe a donc conduit une étude prospective sur des patients ayant subi un traumatisme léger entre 2007 et 2009. Après 3 mois de suivi, ils ont comparé la prévalence et les facteurs de risque pour le PCS et le PTSD. En tout, 534 patients avec un traumatisme crânien ont été inclus et ont été comparés à 827 patients contrôles n'ayant pas subi ce type d'accidents. A 3 mois, 21,2% des patients MBTI et 16,3% des contrôles ont correspondu pleinement aux critères diagnostiques du PCS alors que 8,8% du premier groupe et 2,2% du second répondaient aux critères PTSD.
L'analyse multivariée a permis de montrer que le MBTI multiplie par un facteur supérieur à 4 le risque de PTSD, mais pas pour le PCS. La conclusion des auteurs est que les symptômes persistants suivant un MBTI ne sont pas assez spécifiques pour être identifiés par seulement les critères PCS et doivent donc être considérés comme faisant partie du PTSD.
Emmanuel Lagarde et al. Association of Symptoms Following Mild Traumatic Brain Injury With Posttraumatic Stress Disorder vs Postconcussion Syndrome JAMA Psychiatry. Published online July 16, 2014.