Traitement de choc pour la dysfonction érectile
L'utilisation d'ondes de choc extracorporelles de faible intensité semble constituer un traitement efficace et bien toléré chez des patients qui présentent une dysfonction érectile sévère.
Il s'agit d'une petite étude chinoise, menée par des chercheurs de l'Université de Hong-Kong publiée dans l'International Journal of Urology qui, comme son nom ne l'indique pas vraiment est la revue éditée par l'Association des Urologues Japonais. L'objectif était de vérifier l'intérêt de l'administration d'ondes de choc extracorporelles de faible intensité chez des sujets présentant une dysfonction érectile, une nouvelle modalité thérapeutique que différentes études avaient mis en avant dans cette indication.
Un mode original d'action thérapeutique réelle
Ces ondes de choc sont en fait des ondes acoustiques chargées d'énergie qui peuvent cibler de manière non invasive des régions anatomiques situées à distance. Un des mécanismes d'action proposés est que l'action de ces ondes de choc au niveau des tissus ciblés donne lieu à un stress mécanique et à des microtraumatismes qui induisent une cascade de réactions biologiques aboutissant à la libération de facteurs d'angiogenèse responsables d'une néo-vascularisation, ce qui donne lieu, dans le cas de la dysfonction érectile à un accroissement bénéfique de l'apport sanguin.
Une batterie de scores d'évaluation
Cette étude prospective, randomisée, contrôlée par placebo a été menée en double-aveugle dans un seul centre médical. Les patients devaient interrompre tout traitement par des inhibiteurs des PDE-5 pendant deux semaines, à la suite desquelles leur degré de dysfonction érectile était évalué à la fois avec le scores 'Sexual Health Inventory for Men', 'International Index of Erectile Function-ED domain' et l'Erection Hardness Score'. Les patients étaient ensuite randomisés vers deux groupes, le premier recevant un traitement avec des ondes de choc extracorporelles de faible intensité, l'autre un traitement comparateur inactif. Les patients étaient traités pendant neuf semaines et évalués quatre semaines après l'arrêt du traitement, sur base des scores of 'International Index of Erectile Function-ED domain score' et 'Erection Hardness Score'.
Différence significative dans les formes sévères
L'évaluation a porté sur les 58 patients qui ont terminé l'étude dans laquelle 70 patients avaient été inclus au départ (30 patients dans groupe recevant le traitement actif et 28 dans l'autre). Les mesures de départ n'ont montré aucune différence entre les deux groupes en ce qui concerne les deux scores retenus pour l'évaluation finale. A 13 semaines, une différence est observée en faveur du traitement par ondes de choc extracorporelles pour ces deux scores. La valeur moyenne pour les scores de 'International Index of Erectile Function-ED domain' était de 17.8 ± 4.8 et de 15.8 ± 6.1, respectivement dans le groupes recevant les ondes de choc extracorporelles et celui recevant le comparateur inactif. Une différence cependant non-significative sur le plan statistique (p=0.156). Les valeurs moyennes des scores du 'Erection Hardness Score' étaient quant à eux de.7 ± 0.5 et 2.4 ± 0.9, respectivement dans ces deux groupes. Une tendance qui n'était pas non plus statistiquement significative (P = 0.163). Par contre, lorsque les patients sont stratifiés selon l'Inventaire de Santé Sexuelle pour les Hommes, la différence devient statistiquement significative (p=0.003) dans le sous-groupe des patients présentant des formes sévères de dysfonction érectile, avec une amélioration supérieure des valeurs moyennes des scores de l'International Index of Erectile Function-ED domain' en faveur du groupe traité par ondes de choc extracorporelles, par rapport à l'autre groupe (respectivement de 10.1 ± 4.1 contre 3.2 ± 3.3; p=0.003).
Ces résultats confirment donc l'intérêt de cette approche thérapeutique pour les patients souffrant de dysfonction érectile sévère.