Prostatites chroniques et détérioration du sperme
Une équipe de l'Université de Shanghai a publié une méta-analyse sur base d'une revue systématique de la littérature pour analyser l'impact des prostatites chroniques (CP/CPPS) sur les paramètres de base du sperme. L'analyse confirme l'impact délétère des prostatites chroniques sur la concentration, la motilité progressive et la morphologie normale des spermatozoïdes.
Trouble urogénital assez fréquent chez l'homme (prévalence moyenne sur le plan mondial: 8.2%), la prostatite est longtemps restée un syndrome hétérogène assez mal défini. D'où l'initiative en 1999 de la NIH américaine - largement entérinée depuis, notamment par l'EAU - de proposer une classification en quatre catégories et d'introduire la notion de syndrome de douleurs pelviennes chroniques associé aux prostatites chroniques (CP/CPPS).

Tableau 1
Classification et définition des différentes catégories de prostatites
Critères de sélection des études
Pour entrer en ligne de compte pour cette méta-analyse, les études sélectionnées devaient comporter des patients qui répondaient aux critères de la classification NIH CP/CPPS (catégorie 3) ou aux définitions traditionnelles de prostatite chronique non bactérienne et de prostatodynie. Le groupe des sujets contrôles était composé d'hommes en bonne santé. Un total de douze études a été retenu pour la méta-analyse, soit des données sur 999 cas de prostatite chronique (CP/CPPS), comparés à 455 contrôles.
Un impact confirmé
Les résultats ont montré que la concentration, le pourcentage de spermatozoïdes progressivement mobile et le taux de spermatozoïdes à morphologie normale étaient significativement plus bas chez les patients qui souffraient de prostatite chronique par rapport aux sujets contrôles. Le volume de sperme, par contre, était plus élevé dans le groupe de patients avec une CP/CPPS. Aucun impact des prostatites chroniques n'a, par ailleurs, été démontré sur le comptage total des spermatozoïdes, ainsi que sur leur motilité totale et leur vitalité.