Bonnes vibrations peu efficaces
Une étude danoise s'est intéressée à l'intérêt d'un traitement par administration de vibrations au niveau du pénis pour prévenir et améliorer les troubles érectiles et les problèmes de continence parfois observés après une intervention de prostatectomie radicale avec préservation des nerfs. Les résultats mitigés de l'étude ont été publiés dans le BJUI.
Cette étude prospective randomisée a été menée au sein de deux hôpitaux universitaires. Elle a inclus des hommes continents qui présentaient, par ailleurs, un score IIEF-5 (International Index of Erectile Function-5) de 18 au minimum, chez lesquels était prévue une prostatectomie radicale avec préservation des nerfs. Ces patients étaient randomisés vers deux groupes, le premier recevant un traitement par stimulation vibratoire du pénis et le second faisant office de groupe contrôle. Les patients du groupe traité étaient formés pour utiliser eux-mêmes un appareil vibratoire (vibrateur de type FERTI CARE®).
Conception de l'étude
Les vibrations étaient administrées une fois par jour au niveau du frein du pénis, au domicile des patients, au moins une semaine avant l'intervention chirurgicale. En postopératoire, le traitement par vibrations était remis en route dès le retrait de la sonde urinaire, selon un même schéma d'administration et ce pendant une période de six semaines. Des évaluations étaient prévues 3, 6 et 12 mois après l'intervention chirurgicale sur base du questionnaire IIEF-5 et de questions sur la gêne urinaire.
Des résultats statistiquement limites
Les résultats portent sur un total de 68 patients dont 30 avaient reçu le traitement et 38 faisaient partie du groupe contrôle. Ils montrent que, pour chacun des points de contrôle effectués, les scores IIEF-5 étaient meilleurs dans le groupe traité par les vibrations avec, après 12 mois, un score moyen de 18 dans ce groupe contre 7.5 dans le groupe contrôle, une différence qui n'était cependant pas clairement significative sur le plan statistique (p=0.09). Après douze mois, 53% des patients du groupe traité avaient atteint un score IIEF-5 égal ou supérieur à 18, ce qui n'était le cas que pour 32% des patients du groupe contrôle (p=0.07). Sur le plan de la continence urinaire, aucune différence dans la proportion de patients continents n'a été observée après 3, 6 et 12 mois. A douze mois 90% des patients du groupe ayant reçu le traitement par vibrations était continent contre 94% dans le groupe contrôle (p=0.46).
Bilan négatif
En bref, une étude globalement négative de laquelle on peut toutefois retenir que le traitement est très bien supporté et qu'une tendance en faveur d'une amélioration de la fonction érectile est observée chez les patients qui ont reçu les vibrations.