Google met le paquet dans la santé et s'attaque à la génétique !
Après être devenu le numéro un du numérique, Google vient d'effectuer un pas de plus dans le domaine de la santé en entreprenant, via une clinique chargée de réaliser les prélèvements, la collecte de la plus vaste base mondiale de données génétiques et moléculaires.
Baptisé " Baseline Study ", le projet émane de Google X, le laboratoire chargé de travailler sur les idées les plus folles et les plus révolutionnaires du groupe. On lui doit déjà les Google Glass ou encore la Google Car.
Le nouveau projet a été confié au Dr Andrew Conrad, pionnier dans la recherche pour la lutte contre le Sida et artisan de la création d'un test bon marché pour détecter le VIH. Ce dernier travaille déjà depuis un an et demi dans les locaux de la société de biotechnologies Calico fondée en septembre 2013 par Google.
Avec son équipe qui compte une centaine d'experts médicaux en physiologie, optique, biochimie ou encore biologie moléculaire, le Dr Conrad a entamé cet été la collecte des données de 175 donneurs anonymes. Dans un futur proche, Google souhaite élargir son étude à des milliers de patients.
Urine, sang, larmes ou encore salive vont ainsi être récoltés de manière à constituer une gigantesque base de données sur le corps humain. Un tel outil devrait rassembler à terme les génomes complets des volontaires, l'historique génétique des parents, la vitesse des battements de coeur lorsqu'ils sont soumis au stress ou encore la manière dont leur corps métabolise la nourriture ou les médicaments.
La firme californienne mise sur sa puissance informatique pour dénicher des biomarqueurs permettant de différentier un corps sain d'un autre risquant de développer un futur problème cardiaque, un cancer ou une pathologie dégénérative.
À terme, le laboratoire futuriste Google X sera capable de dresser le portrait génétique d'un être humain en parfaite santé, et donc de diagnostiquer très tôt, avant même l'apparition des symptômes, les maladies éventuelles. Les données obtenues permettront ensuite de modifier les comportements et les habitudes du patient.
Précisons que ce nouveau projet est directement rattaché à Google et pas à Calico, sa filiale santé qui étudie le processus du vieillissement et des maladies associées avec l'espoir, à terme, de prolonger la qualité, et la durée de la vie des êtres humains.
Si la " Baseline Stydy " est prometteuse pour l'avenir de la médecine, certains points provoquent néanmoins des inquiétudes, notamment la confidentialité des données récoltées, et le respect de la vie privée. Des réserves que le géant américain du web a tenté de calmer en affirmant que les informations obtenus seront uniquement utilisées dans un cadre médical, que les données publiées resteront anonymes et qu'elles ne seront pas transmises aux compagnies d'assurance ou aux employeurs.
Reste qu'il va falloir s'armer de patience. Le Dr Conrad a prévenu : il faudra encore de longues années et beaucoup d'autres volontaires pour que les recherches soient concluantes. Mais le fait est là, après avoir conquis notre vie numérique, le moteur de recherche compte bien investir notre corps pour améliorer notre vie, tout court.