Test de stimulation de l'ACTH à dose élevée : une seule mesure pourrait-elle suffire ?
Dans plusieurs centres, le test de stimulation de l'ACTH à dose élevée a été utilisé pour poser le diagnostic d'insuffisance corticosurrénalienne avec une précision pronostique fiable. En général, deux mesures des niveaux de cortisol sont prises après la référence. Est-ce vraiment nécessaire ?
Différents tests sont possibles pour diagnostiquer l'insuffisance corticosurrénalienne. Le test de tolérance à l'insuline est bel et bien considéré comme la norme absolue. Mais des contre-indications existent et une supervision précise est impérative pendant le test. Le test de stimulation de l'ACTH constitue une alternative moins complexe. Pour ce test, on peut utiliser une dose faible (1 microgramme) ou élevée (250 microgrammes) d'ACTH. Dans la littérature, le test avec la dose faible n'est toutefois plus considéré comme prévalent par rapport au test avec la dose élevée.
Étude rétrospective
Dans le test de stimulation de l'ACTH à dose élevée, il est recommandé d'effectuer trois mesures des niveaux de cortisol : à 0, 30 et 60 minutes après l'injection d'ACTH. La question que les auteurs se posent est de savoir si une détermination après 30 minutes est suffisamment fiable pour prédire une insuffisance corticosurrénalienne.
La réponse repose dans une analyse rétrospective de 37 tests réalisés dans un seul centre tertiaire (à Berne, en Suisse). Pour pouvoir parler d'insuffisance corticosurrénalienne, le niveau de cortisol après la stimulation de l'ACTH doit être inférieur à 550 mmol/l. Tel a été le cas dans 27,4 % des tests après 60 minutes. La mesure après 30 minutes n'a pas apporté de renseignements complémentaires. Tous les patients souffrant d'insuffisance corticosurrénalienne qui ont présenté une augmentation du niveau de cortisol après 60 minutes la présentaient déjà au bout de 30 minutes. Pour économiser du travail et des frais, les auteurs ne recommandent qu'une seule mesure 60 minutes après la stimulation.
Faiblesses de l'étude
L'étude était rétrospective et n'a réalisé aucune comparaison avec la norme absolue. De plus, la population était mélangée : 12 % de demandes de test pour une insuffisance corticosurrénalienne, 37 % pour cause centrale, 37 % pour les glucocorticoïdes exogènes et 15 % pour d'autres raisons. Cela peut également constituer un avantage pour que les résultats soient valables dans tous ces sous-groupes. Ils ne sont toutefois pas valables pour un test de stimulation de l'ACTH à faible dose.