L'Absym présente ses doléances aux négociateurs
L'Absym a envoyé une note aux deux formateurs et aux partis prenant part aux négociations au niveau fédéral, attirant leur attention sur plusieurs points, tel le financement des hôpitaux ou l'accroissement de la paperasserie pour les médecins.
La lettre énumère sept points sur lesquels le futur gouvernement fédéral devra urgemment se pencher: des pratiques non conventionnelles aux suppléments d'honoraires, en passant par les boni de liquidation et l'obligation de prescrire des biosimilaires. Le syndicat appelle à des actions claires.
Abolir la loi Colla
La récente reconnaissance de l'homéopathie, et les préparatifs en cours pour reconnaître d'autres médecines non conventionnelles, sont pour l'Absym le premier point à régler. Le syndicat insiste sur l'absence de valeur médicale de ses pratiques, citant pour les appuyer les conclusions du KCE. Ces pratiques sont non-remboursables, mais génèrent (sur) coût évitable, affirme l'Absym, qui veut la fin de la loi Colla.
Suppléments et financement des hôpitaux
Fort du soutien des nombreux spécialistes ayant voté pour l'Absym lors des dernières élections, le syndicat souhaite que cesse l'interdiction des suppléments d'honoraires pour les chambres à deux lits ou plus, là où le CD&V en voudrait encore plus. C'est peut-être l'intérêt de certains assureurs de santé (lire: les mutualités), mais certainement pas celui de tous les hôpitaux, dont presque la moitié sont déjà financièrement dans le rouge aujourd'hui. Avec l'abolition des suppléments, il deviendra impossible d'acheter des équipements et de financer des équipes pour offrir des soins de qualité.
Ce qui amène l'Absym sur le terrain du financement des hôpitaux. Le rapport du KCE sur le sujet a été présenté le 26 juin derniers aux différentes parties prenantes pour commentaire. Le syndicat indique que le financement actuel du système hospitalier belge est meilleur que tout autre système, également en termes de performance et d'accessibilité.
Cependant, l'Absym veut encore améliorer l'efficacité et la qualité. Comptant sur la fin des menaces qui pèsent sur les suppléments, l'Absym veut contribuer à mettre en place un système concret de financement standardisé, la chirurgie comprise. Dans un tel système, souligne le syndicat, les déductions sur les honoraires des médecins ne sont plus admissibles.
Administration et biosimilaires
La loi du 30 avril 2014 a accru la pression administratives sur les épaules des médecins, ce qui nécessite du personnel supplémentaire. L'Absym demande que la loi s'en tienne à la directive européenne, plus tenable. Sinon, le syndicat estime qu'il faut accorder plus de moyens. L'argent pourrait être trouvé chez les mutualités, qui, en raison de cette loi, ont dépensé moins d'argent dans les frais administratifs.
La politique des biosimilaires (également évoquée dans la loi citée) doit également être revue, affirme l'Absym. Limiter le choix entre les produits biologiques et biosimilaires est une violation de la liberté thérapeutique et est dangereux pour les patients fragiles concernés. Les agents biologiques ne sont jamais tout à fait identiques, et la substitution peut avoir des complications inattendues.
Tiers payant
L'Absym ne souhaite pas une extension de la règle du tiers payant. Pour le syndicat, on est déjà allé trop loin avec l'extension aux malades chroniques, qui prendra effet le 1er janvier prochain.
Explosion des coûts et charge administrative supplémentaire pour les médecins en seront les deux conséquences inévitables, prédit le syndicat, qui table également sur des retardds de remboursements de la part des mutualités.
Que des patients économiquement faibles puissent bénéficier du tiers payant n'est pas le problème selon l'Absym. Mais pourquoi des patients financièrement stables atteints d'une maladie chronique ne devraient-ils plus à payer?