Suicide : un test sanguin pourrait détecter les personnes à risque
Selon une étude menée à l'Université Johns Hopkins à Baltimore, la propension au suicide pourrait être déterminée par une simple prise de sang.
Les chercheurs américains ont commencé par examiner des échantillons de 150 cerveaux dont certains provenaient de personnes saines et d'autres qui souffraient de maladies mentales dont plusieurs ayant mis fin à leurs jours.
Ils ont constaté que seulement les personnes qui s'étaient suicidées avaient des teneurs très élevées de méthyles. Ces substances chimiques altèrent le gène SKA2, l'empêchant de supprimer les effets des hormones du stress, dont la diffusion de cortisol. SKA2 est présent dans le cortex préfrontal du cerveau, une zone qui inhibe les pensées négatives et contrôle les comportements impulsifs.
Comme la mutation épigénétique de SKA2 laisse des traces dans le sang, les scientifiques ont ensuite mis au point une méthode qui permet de la traquer. Ils l'ont ensuite testée sur 325 sujets vivants dont le gène SKA2 est muté ou non, ce qui leur a permis de prédire quels participants ont déjà eu des pensées suicidaires ou ont tenté de se tuer, avec une précision de 80% chez les adultes et jusqu'à 96% chez les patients les plus jeunes.
Les chercheurs ont bon espoir que ce test devienne d'ici 5 à 10 ans un outil de première ligne dans la prévention du suicide.
(référence : The American Journal of Psychiatry, 30 juillet 2014, doi :10.1176/appi.ajp.2014.14010008)