Huit ans de vie en moins : le tarif est lourd pour les fumeurs
Menée par l'Institut scientifique de santé publique, une étude belge donne raison au message " fumer tue " inscrit sur les paquets de cigarette. Elle livre des chiffres tangibles qui renforcent le bien fondé de la lutte contre le tabagisme.
Les chercheurs ont suivi 12.600 hommes et femmes qui avaient au moins 30 ans, partant du principe qu'à partir d'un tel âge, les fumeurs peuvent être considérés comme des " fumeurs à vie " et que la probabilité de commencer à fumer après 30 ans est très faible. Ils ont comparé les données de deux enquêtes réalisées en 1997 et en 2001 par l'ISP et ils se sont basés sur le nombre décès survenus chez les participants au cours des 10 années suivantes.
Les résultats sont alarmants. Les consommateurs de tabac vivent en moyenne près de 8 ans de moins que les non-fumeurs (7,87 pour les hommes et de 8,17 pour les femmes). Quant aux ex-fumeurs, ils écourtent leur espérance de vie de 2,5 ans en moyenne (2,68 pour les hommes et 2,59 ans pour les femmes). Ainsi, pour les auteurs de l'étude, plus l'abandon du tabac est précoce, plus les avantages en termes de santé et d'espérance de vie sont appréciables.
L'ISP a également pris en compte la qualité des années vécues et les problèmes de santé. Sans surprise, en moyenne, les fumeurs et fumeuses doivent s'attendre à vivre respectivement 6,8 ans et 6,25 ans de moins en bonne santé que les non-fumeurs. Ce chiffre diminue en moyenne à 3,02 ans et à 2,9 ans de moins chez les ex-fumeurs et ex-fumeuses.
(référence : BMC Public Heath, 15 juillet 2014, doi:10.1186/1471-2458-14-723)