La survivine: un marqueur de sévérité de la polyarthrite rhumatoïde ?

La survivine, une oncoprotéine, pourrait être un marqueur fiable de la sévérité de la PR. Des taux élevés persistants sous traitement associés à un tabagisme et des anticorps anti-peptides citrullinés et/ou un facteur rhumatoïde seraient le signal d'une maladie active et d'un traitement à reconsidérer.
La survivine est un inhibiteur de l'apoptose bien connu dans les cancers où elle est surexprimée via de nombreux signaux tels que PI3K, MAPK, STAT3 et NF-kB. Son expression est aussi liée à celle de nombreuses protéines impliquées dans la prolifération et la survie cellulaire. Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), elle est pointée du doigt pour expliquer un défaut d'apoptose constaté au niveau articulaire. Toutes ces données font que des taux élevés de cette oncoprotéine constituent peut-être un marqueur spécifique et sensible de lésions articulaires et d'une activité persistante de la maladie. On note aussi que les patients avec des taux élevés de survivine répondent mal au traitement par DMARD'S ou agents biologiques.
Un marqueur d'efficacité du traitement ?
Cette étude1 avait pour objectif d'évaluer l'intérêt de la survivine et sa signification clinique chez 339 patients avec une PR précoce issus de la cohorte "Better Anti-Rheumatic FarmacOTherapy" (BARFOT). Les taux ont été mesurés à l'inclusion et après 24 mois et corrélés avec le score de lésions articulaires (score total de Sharp-van der Heijde), le DAS28, le questionnaire HAQ et l'échelle VAS de perception de la douleur. Chez 79% des patients, les taux de survivine sont similaires à l'inclusion et après 24 mois; 15% voient leur taux se négativer et 5% voient leur taux se positiver. Un statut de fumeur et des anticorps anti-peptides citrullinés sont prédicteurs de valeurs élevées de survivine (OR = 4,36, p < 0,001). On note une PPV (Positive Predictive Value) de 0,66 et une spécificité de 0,83. Des taux élevés de survivine à T0 et T+24 mois sont associés à une progression des lésions articulaires, une activité de la maladie significativement plus élevée objectivée par le DAS28 et un taux plus faible de rémissions à 24 et 60 mois comparé à des patients avec des taux de survivine bas. Pour les auteurs, il s'agit là d'un marqueur fiable et reproductible de la sévérité de la PR, d'autant plus significatif qu'il est associé à un tabagisme et des anti-CCP.