Traitement des lombalgies chroniques : Vers un surprenant changement de paradigme ?
Des bactéries anaérobies à faible virulence pourraient être la cause de lombalgies chroniques. Si ces données venaient à être confirmées, elles pourraient conduire à un changement radical de nos conceptions de traitement en substituant les AINS à des antibiotiques. Un vrai "cadeau" pour les rhumatologues et la sécurité sociale ...
Deux études récentes incriminent la bactérie Propionibacterium acnes dans le développement de discopathies actives type 1 Modic (hypo T1 et hyper T2). Dans la première étude, une antibiothérapie prolongée amène une amélioration symptomatique sans effet sur l'imagerie. Dans la deuxième, des cultures de tissus d'hernie permettent d'identifier la bactérie Propionibacterium acnes. Une bactérie qui par ailleurs est révélée dans 2% à 12% des infections ostéo-articulaires sur prothèses de hanche et de genou. Ces 2 études posent la question de savoir s'il ne faut pas tout doucement envisager de modifier la prise en charge en ajoutant des antibiotiques au traitement classique voire même en substituant les AINS aux antibiotiques.
A confirmer avant de conclure !
Cette étude1 en double aveugle a inclus 162 patients randomisés pour recevoir une antibiothérapie prolongée (amoxicilline / acide clavulanique) ou un placebo pendant une durée de 100 jours avec une évaluation à 1 an. Dans le groupe sous antibiotiques, on observe une amélioration statistiquement significative de tous les critères primaires (perte de mobilité due à la maladie, douleurs, nombre d'heures douloureuses sur les 4 dernières semaines, perception de la qualité de vie, jours de maladie et imagerie) dont en particulier le score RMDQ (Roland-Morris Disability Questionnaire) pour les douleurs lombaires. Pour les auteurs, les données sont concluantes mais comme il fallait s'y attendre cette étude n'a pas manqué de susciter un grand nombre de réactions2 dont il ressort en substance "que les résultats sont difficiles à croire du fait de l'implication des bactéries dans la pathogenèse d'autres maladies. Il est également souligné que cette recherche est celle d'un seul groupe et qu'avant de tenter quoi que ce soit, il est impératif que ces résultats soient confirmés par d'autres équipes".