Les cellules souches mésenchymateuses : un traitement futur de la polyarthrite rhumatoïde ?
L'utilisation de cellules souches d'origine mésenchymateuse est un axe prometteur dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Une étude chez l'animal montre une diminution des paramètres inflammatoires et la stimulation de cellules Treg.
Les cellules souches mésenchymateuses (CSM) ont cette capacité de réguler l'immunité en freinant l'activation des lymphocytes T et B et en stimulant les cellules Treg et les macrophages. A ce titre, elles sont une voie intéressante dans le traitement de maladies à composante immunitaire. Elles sont à l'examen notamment dans des affections dégénératives ou auto-immunitaires. Dans la polyarthrite rhumatoïde, leur intérêt vient de leur effet immunomodulateur et d'une possible inhibition des cytokines inflammatoires. La première étape est l'isolement de ces CSM au départ de membranes amniotiques et leur effet au contact de cellules mononuclées du sang périphérique (PBMC) et de cellules synoviales de patients avec une PR, la seconde est l'évaluation des ces CSM sur la réponse des cellules T spécifiques dans un modèle animal d'arthrite induite par le collagène.
Chez l'homme et chez l'animal
Dans cette étude1, le contact de CSM isolées de placenta humain avec des PBMC et des cellules de membranes synoviales de patients avec une PR supprime les réponses inflammatoires synoviales et l'activation des Th1/Th17 spécifiques. On note aussi une stimulation de cellules Treg CD4+, CD25+, FoxP3+ avec un abaissement de la réponse T spécifique du collagène de type II. Chez l'animal, l'incidence et la sévérité de l'arthrite expérimentalement induite sont significativement réduites par la dérégulation de 2 facteurs favorisants: l'auto-immunité et l'inflammation médiée par les Th1. La synthèse de cytokines inflammatoires est aussi diminuée dans les articulations et les cellules Treg sont stimulées. Les souris sont aussi protégées de sepsis expérimentalement induits, de maladies inflammatoires de l'intestin et d'encéphalomyélites autoimmunes. Pour les auteurs, ces CSM sont prometteuses mais le chemin est encore long avant de passer aux applications cliniques.