Inflammation et contrôle de l'asthme
En pratique clinique, la vérification du contrôle de l'asthme s'effectue essentiellement sur base de la symptomatologie et de la débitmétrie ou de la spirométrie. Cette façon de faire méconnait cependant le versant inflammatoire de l'affection...
Un des moyens les plus aisés d'apprécier l'état inflammatoire est la mesure de la fraction expirée du monoxyde d'azote, reflet de l'inflammation des voies aériennes en relation avec les lymphocytes Th2. Afin de voir si la mesure en routine de cette inflammation apportait des éléments susceptibles d'influencer les décisions thérapeutiques, une équipe canadienne a incorporé la mesure de la fraction expirée du monoxyde d'azote dans la batterie d'éléments permettant d'évaluer le contrôle de l'asthme.
50 sujets ont été enrôlés et ont dans un premier temps été évalués d'après l'examen clinique, la symptomatologie, les données spirométriques et selon l'estimation du clinicien du degré d'inflammation des voies aériennes, un schéma de traitement était mis en oeuvre. Dans un deuxième temps la mesure de la fraction expirée du monoxyde d'azote était effectuée et le traitement pouvait être adapté.
Les résultats de cette étude interventionnelle montrent que dans un cas sur deux l'estimation du degré d'inflammation des voies aériennes ne concordait pas avec les données dérivées de la mesure de la fraction expirée du monoxyde d'azote.
Les distorsions enregistrées entre estimation et mesure ont donné lieu à des modifications de traitement dans plus d'un tiers des cas (renforcement 20% et diminution 16%).
Sachez encore que d'après les calculs des investigateurs, le recours systématique à la mesure de la fraction expirée du monoxyde d'azote, permettrait d'économiser quelque 500 euros par patient et par an, essentiellement en diminuant le risque d'exacerbations.