Coupables ou victimes ?
Un article récent attire l'attention sur le fait que bon nombre de sujets ayant fait un cancer continuent de fumer. On aurait pu croire que cela ne concernerait pas les sujets ayant un cancer du poumon, hélas...
Hélas l'article en question montre que la persistance tabagique concerne aussi, et même surtout, les sujets dont le cancer est sans aucun doute en relation avec la consommation de tabac.
Cette donnée émane d'analyses transversales menées sur un peu plus de 2900 sujets ayant survécu à long terme à l'un des 10 types de cancer les plus prévalents pendant la période 2000 et 2003 (sein, prostate, vessie, utérus, mélanome cutané, colon/rectum, rein, lymphome non-hodgkinien, ovaire et poumon).
Les résultats indiquent qu'environ après 9 ans de suivi, 9,3% des survivants sont des fumeurs actifs et qu'il s'agit de fumeurs journaliers dans 83% des cas, la consommation moyenne étant de 14,7 cigarettes par jour.
C'est parmi les survivants de cancers de la vessie et du poumon deux cancers clairement reliés au tabagisme que sont répertoriés les pourcentages les plus importants de fumeurs actifs, respectivement 17,2% et 14,9%.
La première idée est de se dire que, malheureusement, la chance d'avoir survécu n'a pas servi de leçon, mais il faut sans doute aller au-delà pour avoir une vision plus scientifique de la question.
Les investigateurs soulignent en effet que l'importance des fumeurs actifs journaliers en cas de cancers en relation avec le tabac témoigne à l'évidence de l'intensité de leur dépendance et donc de leur difficulté à arrêter de fumer. Plutôt que de leur jeter la pierre, mieux vaut donc sans doute les encourager et leur donner le maximum d'accès à toutes les aides disponibles pour arrêter de fumer.
d'après J. Lee Westmaas et al. Prevalence and Correlates of Smoking and Cessation-
Related Behavior among Survivors of Ten Cancers: Findings from a Nationwide Survey Nine Years after Diagnosis. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev Published OnlineFirst August 6, 2014.