Hospitalisations en psychiatrie: "il faut utiliser davantage les alternatives"
Les Mutualités libres, dans une enquête récente, estiment que la Belgique ne développe pas suffisamment les alternatives à l'hospitalisation psychiatrique. Pour le troisième organisme assureur du pays, 5% des patients souffrant de troubles psychiatriques qui sont soignés à l'hôpital pendant plus d'un an et 2% pendant plus de 5 ans, cela fait trop.
Au total, les hospitalisations psychiatriques représentent 8,7% des dépenses en soins de santé des Mutualités libres alors qu'elles ne concernent qu'1,3% de leurs affiliés. Au plan fédéral, le nombre élevé de lits psychiatriques occasionne de lourdes dépenses pour la sécurité sociale. C'est pourquoi les Mutualités libres appellent au développement de formules de soins alternatives à l'hospitalisation qui seraient sous-utilisées dans notre pays.
Sur base des données de 31.021 de ses affiliés hospitalisés en milieu psychiatrique pour troubles psychotiques, épisode dépressif majeur, troubles anxieux sévères, le troisième organisme assureur fait quelques amers constats :
? L'offre de lits psychiatriques en Belgique (144 lits pour 100.000 habitant, est nettement plus élevé que dans les pays voisins (100 lits/100.000 hab.), notamment en Flandre (14.485 lits contre 6.582 en Wallonie et 2.217 à Bruxelles).
? Si la durée moyenne de séjour en hôpital psychiatrique est de 69 jours et 26 jours en service psychiatrique d'un hôpital général, un nombre non négligeable des patients (5%) sont soignés à l'hôpital pendant plus d'un an. 2% d'entre eux y séjournent même pendant plus de 5 ans.
? Au total, les hospitalisations psychiatriques représentent 8,7% des dépenses en soins de santé des Mutualités libres alors qu'elles ne concernent qu'1,3% de leurs affiliés. C'est le prix de la journée d'entretien à l'hôpital et les honoraires de surveillance qui sont les principales sources de coûts (91% à 95%).
? Or les services psychiatriques des hôpitaux généraux génèrent des dépenses de santé plus élevées (10.339 euros par mois et par patient en moyenne) que les hôpitaux psychiatriques (4.718 euros) et surtout que les formules extra-hospitalières (3.108 euros en maison de soins psychiatriques et 1.671 euros pour les habitats protégés).
Conclusion : des formules alternatives (maisons de soins psychiatriques, habitats protégés), doivent être développées et pérennisées ainsi que la prise en charge à domicile dans le cadre du fameux article 107.