L'hospitalisation a du bon...

Mauvaise surprise pour les chercheurs de l'Henry Ford Hospital de Detroit dans le Michigan! Ils avaient espéré transposer la réduction des décès de la chirurgie générale à la chirurgie urologique en réalisant leur étude, mais ils arrivent à la conclusion inverse.
Failure to rescue
Les chercheurs ont utilisé les données nationales américaines recueillies entre 1998 et 2010, rassemblant ainsi plus de 7,7 millions de patients ayant subi une chirurgie urologique. Ils ont déterminé la mortalité globale et celle liée à l'échec du traitement, ce que les auteurs appellent " Failure to Rescue " (FTR), expression recouvrant non seulement l'échec thérapeutique, mais aussi celui de la détection d'une complication éventuelle. Selon eux, la FTR est le meilleur moyen pour évaluer la sécurité et la qualité des soins.
Moins de lits, plus de morts...
Pour résumer leurs résultats, il apparait que les admissions pour chirurgie urologique et la mortalité globale ont diminué, tout au long de la période, ce qui constitue une bonne nouvelle. En revanche, la mortalité liée au FTR s'est accrue de 5% par an au cours de la même période.
Patients plus vieux, pathologies plus lourdes
Les auteurs ont stratifié les patients en fonction de leur âge, de leur ethnie, de leur statut socio-économique, ainsi qu'en fonction de la sévérité de leur maladie ou la présence de comorbidité. Ils ont découvert que le nombre de patients chirurgicaux hospitalisés a diminué au profit des patients ambulatoires. Autrement dit, les procédures sans hospitalisation joueraient un rôle péjoratif. De plus, l'âge des patients a également augmenté et les pathologies dont ils souffrent sont plus lourdes à prendre en charge.
Un comble !
Pour les auteurs, cela montre aussi qu'il faut mettre en oeuvre des mesures de sécurité et de surveillance beaucoup plus draconiennes pour les patients urologiques. Pour eux, il s'agit effectivement d'un comble que les procédures qui semblent les plus simples soient aussi celles auxquelles sont associées le plus de complications mortelles alors qu'elles pourraient être prévenues ou au moins reconnues.
Jesse D. Sammon JD et al. Preventable mortality after common urological surgery: failing to rescue? BJU Int Article in press