Alzheimer : les yeux et l'odorat, deux nouveaux biomarqueurs
Présentées à l'Alzheimer's Association International Conference (AAIC) 2014, quatre études anglo-saxonnes ont mis en évidence que cette maladie pourrait être détectée grâce à la pratique d'examens simples, non invasifs, au niveau de l'odorat et des yeux. Elles fournissent l'espoir de nouveaux biomarqueurs précoces.
Une première recherche, menée à la Harvard Medical School sur 215 personnes âgées en bonne santé, a dévoilé qu'une capacité diminuée à identifier les odeurs pourrait être le reflet d'un déficit cognitif et plus précisément l'indicateur du développement de l'Alzheimer. Un cortex entorhinal mince a été associé à un odorat dégradé, des niveaux élevés d'amyloïde et une perte de mémoire.
Un deuxième travail, réalisé à la Columbia University, montre, sur 1.037 personnes âgées " non démentes ", évaluées à trois reprises, que des scores plus faibles d'identification des odeurs sont significativement associés à la transition vers la démence et la maladie d'Alzheimer.
Une troisième étude australienne, utilisant une technique appelée imagerie amyloïde de la rétine, établit une haute affinité entre les niveaux de bêta-amyloïde détectés dans l'oeil et dans le cerveau de 40 participants sur 200, ayant pris un supplément contenant de la curcumine, un composé qui se lie à la bêta-amyloïde.
Enfin des scientifiques américains constatent que la bêta-amyloïde détectée dans le cristallin de l'oeil est fortement corrélée avec la charge de cette même protéine dans le cerveau. Cette mesure est rendue possible par une pommade à usage topique qui se lie à l'amyloïde et par l'utilisation d'un scanner par balayage laser. Le test aboutit à une sensibilité (85%) et une spécificité (95%) élevées.
Très prometteurs, ces résultats doivent encore être interprétés avec prudence, mais ils ouvrent la voie à des tests simples et non invasifs de détection précoce de la maladie, ce qui correspond à un besoin évident. Rappelons qu'aujourd'hui, il n'est possible de détecter l'Alzheimer qu'au moment où les dommages au cerveau sont déjà constitués.