Alda Greoli, chef cab' de Maxime Prévot: le MOC "ne place pas ses pions"
Le recrutement d'Alda Greoli chez le ministre wallon Maxime Prévot constitue une "belle opportunité", reconnaît le président du Mouvement ouvrier chrétien (MOC), Christian Kunsch. Il ne s'agit pas néanmoins du résultat d'une stratégie délibérée du pilier social chrétien de placer les siens à des postes-clés, assure-t-il.
Mme Greoli, secrétaire nationale des Mutualités chrétiennes, est devenue chef de cabinet du ministre cdH. L'une de ses tâches sera de veiller au transfert des matières sociales, en particulier des allocations familiales, du fédéral vers la Région wallonne, soit l'un des gros morceaux de la 6e réforme de l'Etat.
Cette cheville ouvrière des Mutualités chrétiennes n'est pas la première personnalité issue du Mouvement ouvrier chrétien à faire un détour par la politique. Le secrétaire général des Mutualités, Jean Hermesse, dirige le centre d'études du cdH. L'ex-secrétaire général de la CSC, Claude Rolin, est devenu député européen sur une liste centriste. Son prédécesseur, Josly Piette, a été ministre de l'Emploi pendant quelques mois dans le gouvernement Verhofstadt III sous les couleurs du cdH. Christiane Vienne, secrétaire du MOC dans le Hainaut occidental, a été ministre socialiste dans le gouvernement wallon et est députée. L'ancien président du MOC, Thierry Jacques, a été conseiller de Laurette Onkelinx, tout comme Mme Greoli. Et avant eux, le président François Martou s'était présenté sur la liste PS du Sénat.
L'ancien président de la CSC wallonne, Jean-Marie Constant, a été candidat sur les listes Ecolo. Et chez les Verts, des personnalités comme le député Georges Gilkinet, ancien secrétaire général du Conseil de la jeunesse catholique, ou la présidente du CA de la RTBF, Bernadette Wynants, sont considérées comme proches du MOC.
"Depuis 1972, le MOC est indépendant des partis politiques. Tout cela reste donc du cas par cas et le MOC ne cherche pas à susciter en son sein des candidatures pour occuper des postes ou à placer des gens. Mais nous avons des hommes et des femmes qui, pendant de longues années, maîtrisent des dossier et se font remarquer. Et, bien sûr, il est important pour un mouvement comme le nôtre d'entretenir des contacts avec des partis politiques", a expliqué M. Kunsch.
Le choix de Mme Greoli comme chef de cabinet n'est pas anodin pour le MOC. "Il faut déjà remonter loin pour retrouver la désignation à la fonction de chef de cabinet. Reconnaissons que c'est une grosse pointure, c'est quelqu'un qui connaît bien les matières sociales et de santé et qui a suivi de près les discussions sur les transferts. Il y a là une belle opportunité et une reconnaissance du travail au sein des Mutualités chrétiennes", a ajouté le président du MOC.