Le venin d'abeille, possible agent anti-tumoral
Qu'il soit celui de l'abeille, du serpent ou même du scorpion, le venin contient des protéines et des peptides dont certains, une fois isolés des autres composants, peuvent s'accrocher à la membrane des cellules cancéreuses, stopper leur propagation et bloquer ainsi la croissance des tumeurs.
Une équipe américaine vient d'obtenir un résultat probant sur des cellules en culture de cancers du sein et de mélanomes. Les chercheurs de l'Université d'Urbana-Champaign dans l'Illinois ont d'abord fabriqué synthétiquement de la melittine, un peptide présent dans le venin d'abeille, mais trop difficile à extraire manuellement et trop peu abondant.
Les scientifiques ont ensuite injecté ce produit dans des particules nanométriques conçues pour ne libérer la protéine qu'au moment propice, lorsqu'elles arrivent à la tumeur et non pas lorsqu'elles transitent dans les vaisseaux sanguins. Le peptide est alors venu se fixer sur les cellules cancéreuses ciblées sans que cela n'affecte les autres tissus sains adjacents. Cette astuce permet d'éviter les risques d'effets secondaires néfastes (baisse de la tension artérielle, dommages musculaires ou nerveux, formation de caillots, hémorragies internes,...) auxquels aurait mené une injection directe de venin.
Reste à tester l'efficacité d'un traitement à base de mélittine sur des modèles animaux, puis, si les résultats sont concluants, sur des patients humains. Cette dernière étape n'est pas prévue avant encore trois à cinq ans.
(référence : press release de l'American Chemical Society, 11 août 2014)