Ebola : le Japon propose à son tour un traitement expérimental
Alors le bilan ne cesse de s'alourdir - au moins 1.427 morts sur 2.615 cas recensés en Afrique de l'Ouest (Guinée, Sierra Leone, Liberia, Nigeria) - que la République démocratique du Congo est désormais touchée, qu'un expert en épidémiologie de l'OMS opérant en Sierra Leone a contracté le virus, et qu'un premier Britannique infecté vient d'être rapatrié, la panique liée à l'épidémie d'Ebola semble se transmettre plus vite que la maladie.
" Cette épidémie exceptionnelle est un défi sans précédent pour le monde, qui exige énormément de courage et d'efforts pour y répondre efficacement, " a affirmé le coordinateur de l'ONU contre Ebola, le Dr David Nabarro.
La communauté médicale internationale se mobilise et plusieurs pistes de recherches sont suivies : celle de médicaments traitant les symptômes de la maladie, celle qui vise à s'opposer à la réplication du virus ou encore celle orientée vers la mise au point de vaccins, soit à visée thérapeutique pour renforcer la réponse immunitaire de la personne infectée, soit à visée préventive, chez la personne non infectée.
Récemment, l'OMS a approuvé l'utilisation de médicaments non homologués, dont l'efficacité, ainsi que les effets secondaires, ne sont pas connus. A ce titre, le Japon s'est dit prêt à fournir un traitement expérimental mis au point par une entreprise nippone. Il s'agit d'un antiviral déjà utilisé contre la grippe, le favipiravir (ou " T-705 "), commercialisé sous le nom Avigan.
Par rapport au " Zmapp ", un sérum expérimental américain, cocktail de trois anticorps " monoclonaux " disponible en très petites quantités, le favipiravir présente plusieurs avantages. Il a été homologué en mars au Japon et le produit serait en phase de tests cliniques aux États-Unis. Son administration sous forme de comprimés peut également faciliter le traitement dans des zones aux infrastructures médicales limitées. De plus, il y aurait des réserves suffisantes pour plus de 20.000 personnes, la société japonaise ayant annoncé qu'elle pourrait en préparer davantage par la suite.
Une nouvelle lueur d'espoir alors que la circonspection est de mise pour le " ZMapp ". En effet, si deux missionnaires américains traités avec ce sérum sont sortis guéris de l'hôpital, un prêtre espagnol qui en avait bénéficié est cependant décédé, de même qu'un médecin libérien qui avait été infecté par le virus alors qu'il était en poste au JFK Medical Center de Monrovia.
Signalons encore qu'un vaccin fait également l'objet de recherches dans le secteur public au Canada. Une véritable course contre la montre est désormais engagée...