Les autistes auraient trop de connections entre leurs neurones

L'autisme pourrait résulter d'un excès de synapses, du à un défaut dans leur élagage.
Les auteurs de cette recherche ont découvert cette surabondance de synapses chez des autistes en analysant des tissus du cortex cérébral provenant de 48 jeunes âgés de 2 à 20 ans au moment de leur décès dont 26 souffraient de troubles du spectre autistique (TSA) et 22 étaient des individus sains.
Cet examen a notamment révélé que la densité synaptique était doublée chez les autistes. Les scientifiques américains ont également constaté qu'un jeune de 19 ans sans TSA avait typiquement 45% moins de synapses qu'un petit enfant mais aussi qu'un sujet autiste du même âge en avait seulement 16% de moins.
En injectant de la rapamycine, un anti-proliférant, à des souris génétiquement modifiées pour simuler l'autisme, le Pr David Sulzer et ses collègues sont parvenus à rétablir le mécanisme cérébral d'élimination des synapses inutiles qui se produit normalement chez un individu sain. Ils ont observé que les rongeurs ainsi traités avaient davantage d'interactions sociales qu'avant l'injection, et donc moins de comportements d'isolement.
La rapamycine agirait en inhibant l'activité de la protéine de signalisation mTOR qui régule chez les mammifères la prolifération cellulaire. Si cet antibiotique semble engendrer trop d'effets indésirables pour être testé chez l'Homme, d'autres médicaments jouant un rôle sur l'élagage synaptique pourraient néanmoins être expérimentés.