Tabagisme et addiction à la nicotine sont-ils synonymes ?
La première réponse qui vient à l'esprit est positive. Cependant, un travail canadien ayant concerné des sujets adultes fumeurs permet fortement d'en douter.
L'un des principaux obstacles à la diminution des taux de nicotine dans les cigarettes est l'idée bien ancrée que cette manoeuvre sera contournée par les fumeurs, qui grilleront alors plus de cigarettes (ou inspireraient plus profondément la fumée) pour recevoir la même quantité de leur drogue favorite. Cette augmentation de consommation ne résoudrait donc en rien l'addiction à la nicotine et en outre exposerait les fumeurs impénitents à de plus grandes quantités de produits chimiques toxiques.
Cette construction intellectuelle parfaitement logique est cependant battue en brèche par l'étude du comportement tabagique de 72 fumeurs à qui ont été proposés trois types de cigarettes ayant des niveaux de nicotine nettement réduits.
Dans l'étude en question, les cigarettes proposées étaient des Quest, la seule marque commercialisant des cigarettes à taux réduits de nicotine, respectivement 8,9, 8,4 et 0,6 mg, versus une moyenne de 12 mg dans une cigarette ordinaire.
Contrairement à ce qui a pu être observé lorsque les fumeurs changeaient de marque de cigarettes, dans le cas particulier, il n'a été documenté aucune modification du comportement tabagique, qu'il s'agisse de la profondeur de l'inspiration de la fumée ou du nombre de cigarettes consommées, ce qui est par ailleurs corroboré par la constance des taux de composants chimiques toxiques dans leurs organismes.
Concrètement, ce travail montre donc que l'existence de marques de cigarettes proposant de très faibles niveaux de nicotine pourrait contribuer à réduire la dépendance nicotinique sans exposer à une augmentation de l'exposition aux produits chimiques toxiques de la fumée.